3 questions à Christophe Geourjon, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes 

Christophe Geourjon, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes, Président de la fédération UDI Métropole de Lyon

1. Parlez-nous d’un projet qui vous tient à cœur :

Depuis des années je milite pour le développement d’un RER à la Lyonnaise que j’appelle le REM (Réseau Express Métropolitain). Pour amplifier la dynamique, j’ai créé le collectif transpartisan REM Lyon (rem-lyon.fr), rassemblant élus et citoyens. Cette mobilisation a permis que le REM soit un des sujets forts des élections à la Métropole de Lyon en 2020 et à la Région Auvergne-Rhône-Alpes en 2021. A chaque élection, tous les candidats ont soutenu le RER à la Lyonnaise. C’est une 1ère étape !

2. Quels sont les atouts de ce projet ?

C’est une solution efficace pour décarboner nos déplacements du quotidien, mais c’est aussi un enjeu d’aménagement du territoire, de pouvoir d’achat pour les ménages et d’attractivité des employeurs. Concrètement, un RER c’est une offre de trains sur une amplitude horaire élargie (5h – 23h), une fréquence plus importante, des liaisons directes de périphérie à périphérie sans changement de trains dans la ville-centre. C’est aussi une interconnexion fluide avec les transports en commun urbains.

 

3. Le RER à Lyon, c’est pour bientôt ?

C’est un projet à la fois complexe et coûteux. Complexe techniquement car il nécessite de désaturer le nœud ferroviaire lyonnais, complexe en terme partenarial car ce projet régional nécessite une coopération étroite avec l’État et les agglomérations, notamment la Métropole de Lyon. Coûteux car on parle d’un investissement minimum de 7 Mds € à échéance 2035. Il y aura donc de nombreuses étapes !

La Région Auvergne-Rhône-Alpes investit déjà massivement en faveur des transports ferrés (voie L à la Part-Dieu, nouvelles rames de trains, atelier de maintenance, …). Chaque jour, ce sont 1200 trains régionaux qui circulent en Auvergne-Rhône-Alpes ! Pour information, en moyenne chaque année, les transports collectifs représentent 50% du budget de fonctionnement de la Région (soit 600 M€ pour les cars inter-urbains et 600 M€ pour les TER) et 15% de son budget d’investissement (soit environ 200 M€ pour les TER).

Des avancées récentes ?

Oui ! Le Président de la République a indiqué vouloir des RER dans 10 métropoles, c’est une évolution majeure de l’État. En effet, depuis des décennies l’État a fait le choix d’investir dans les TGV en délaissant les transports du quotidien. Or l’infrastructure ferrée (voies, gares, aiguillage, …) est une responsabilité de l’État. Sans un investissement massif de l’État dans les infrastructures, les Régions ne pourront développer l’offre (matériel roulant, fréquence, amplitude horaire, information voyageur, dessertes, tarification, …). Nous saurons dans les semaines à venir si l’État est au rendez-vous ou si l’intervention d’Emmanuel Macron était seulement un effet d’annonce.