1,7 million d’élèves en moins : subir ou décider ?

Gérard Hecht, Adjoint au maire à la pratique sportive aux Sables-d’Olonne, Vice-président en charge des sports de l’agglomération des Sables-d’Olonne, délégué départemental UDI de la Vendée et enseignant dans le secondaire

 

Les chiffres publiés le 7 avril dernier par le ministère sont vertigineux. D’ici 2035, la France comptera près de 1,7 million d’élèves de moins.

 

Une « vague sismique », d’après le ministère de l’Éducation nationale. Pour nous, ce n’est pas une surprise, c’est une confirmation. Et une opportunité.

 

En tant qu’enseignant, je vis ce que les statistiques ne disent pas : des classes surchargées, des jeunes à besoins particuliers de plus en plus nombreux, qui méritent plus d’attention, plus de temps, plus d’adaptation. Avec trente élèves devant soi, ce temps fait cruellement défaut, non par manque de volonté, mais par manque de moyens. Le classement PISA nous interpelle collectivement : réduire les effectifs par classe, c’est précisément ce que font les pays qui ont su réduire ces inégalités. Des classes allégées, c’est enfin la possibilité de sortir du cours magistral, de faire davantage pratiquer, d’expérimenter, de s’occuper vraiment de chaque élève. Ce choix pédagogique, nous pouvons le faire maintenant.

 

En tant qu’élu local, je sais ce que la fermeture d’une école fait à un territoire. Dans la ruralité, c’est condamner des familles à des trajets impossibles et fragiliser l’attractivité d’une commune entière. Des municipalités investissent plusieurs millions d’euros pour remettre leurs écoles aux normes, avant de se voir imposer une fermeture l’année suivante. Double peine insupportable. Depuis 1985, 17 000 écoles ont disparu. Chaque fermeture a laissé un vide que rien n’a comblé.

 

En tant que délégué départemental de l’UDI, je mesure la cohérence du combat que mène notre Sénatrice Annick Billon. Son rapport sénatorial de juin 2025 anticipait exactement ces chiffres. Elle interpellait le ministre dès le 31 mars sur les51 fermetures imposées en Vendée et sur l’urgence à mettre fin à la carte scolaire annuelle pour enfin planifier le maillage scolaire à moyen terme.

 

Le ministre annonce une expérimentation dans quinze départements. Un pilote ne fait pas une politique. Les familles, les enseignants et les maires ont besoin d’un cap à six ans, coconstruit avec les territoires, pas d’une logique comptable imposée depuis Paris.

 

Détruire des postes, c’est détruire des chances. Nous avons dix ans pour décider autrement. Commençons maintenant.