24 avril 1915, le génocide des Arméniens

François Rochebloine, ancien député de la Loire, ancien Président du groupe d’amitié France-Arménie et du cercle d’amitié France – Artsakh.

Cette année encore, l’UDI s’est associée, le 24 avril, à la communauté nationale et notamment aux Français d’origine arménienne pour commémorer le triste anniversaire du génocide des Arméniens. Voici maintenant 109 ans que l’Empire ottoman s’est rendu coupable de ce crime contre l’humanité. Et voilà maintenant 101 ans que la Turquie « moderne », son État successeur, perpétue sa politique étatique négationniste à propos de ce crime.

 

Le génocide des Arméniens, parce qu’il est resté impuni, parce qu’il est toujours nié par l’État responsable de le réparer, n’appartient pas à l’histoire mais à l’actualité politique. Les braises de la haine anti-arménienne et du suprémacisme turc continuent d’être soigneusement entretenues pour diaboliser les victimes de ce crime contre l’humanité et blanchir ses instigateurs, afin d’encourager sa répétition. La guerre d’agression menée en 2020 par l’Azerbaïdjan à l’encontre de la République autodéterminée du Haut-Karabagh, et l’épuration ethnique qu’il a ensuite perpétrée contre cette région peuplée d’Arméniens, s’inscrit dans la droite lignée du génocide de 1915. Là, 120 000 personnes ont été chassées de leurs terres ancestrales parce qu’elles étaient arméniennes ; là, 120 000 personnes ont été contraintes à l’exil pour échapper à la mort promise par le régime raciste de Bakou.

 

La France, la communauté internationale et la Cour Internationale de Justice ont réaffirmé à plusieurs reprises le droit au retour de ces réfugiés, tandis que les principes du droit international obligent la Turquie à réparer le génocide des Arméniens et la communauté internationale à soutenir ce processus de réparation. Concernant le crime le plus récent, le retour des Arméniens exige des conditions de sécurité qu’il est de notre devoir d’imposer à la dictature d’Azerbaïdjan. L’UDI soutient le gouvernement dans la politique d’assistance sécuritaire qu’elle a commencé à mettre en place en faveur de l’Arménie, également sous menace azerbaïdjanaise, et l’encourage à renforcer substantiellement cette politique, mais aussi à favoriser les conditions politiques du retour des Karabaghiotes sur leurs terres légitimes. En 1915 comme aujourd’hui, il ne saurait y avoir de paix sans justice.