8 mai : l’Alsace, terre de mémoire

Gilles Fremiot, Maire de Heidwiller, Président de la Communauté de Communes Sundgau, Conseiller régional et Vice-président de la commission Culture, mémoire à la région Grand Est

Nous célébrons, en ce 8 mai, les 81 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui fut terriblement coûteuse en vies humaines. 60 millions de personnes succombèrent, dont beaucoup de civils.

 

Cette tragédie a conduit à la création de l’espace européen entraînant plusieurs décennies de paix sur notre continent et qu’il convient encore de renforcer pour protéger nos modes de vie et notre territoire.

 

Mais aujourd’hui, plus de 130 conflits armés ont été recensés sur la planète. Des guerres au Moyen-Orient, au Soudan, au Sahel, au Nigéria et, bien sûr, nous déplorons la poursuite des combats aux portes de l’Europe, en Ukraine. À chaque fois, les populations civiles souffrent terriblement, traversent des drames individuels et collectifs et sont victimes de traumatismes durables.

 

Ces situations résonnent particulièrement chez nous en Alsace, où le joug nazi fut encore plus féroce que partout ailleurs en France. En 1940, l’Alsace et la Moselle furent annexées par l’Allemagne nazie. Le Gauleiter Wagner, envoyé par le führer pour germaniser et nazifier l’Alsace, fit régner la terreur. L’Alsace était le seul territoire français à avoir accueilli un camp de concentration nazi où furent envoyés les récalcitrants. Le camp de Natzweiler-Struthof, aujourd’hui mémorial très connu, où la Région Grand Est inaugurera en septembre 2026 le mur des noms.

 

En 1942, les jeunes Alsaciens mosellans furent incorporés de force dans la Wehrmacht puis envoyés sur le front russe, devenant ainsi les Malgré-nous. Tout au sud de l’Alsace, dans le Sundgau, proche de la frontière suisse, de nombreux jeunes gens ont tenté de passer la frontière pour échapper à l’enrôlement de force. Certains l’ont payé de leur vie, comme les fusillés de Ballersdorf, d’autres ont réussi à fuir, mais ont, de fait, exposé leurs familles à de terribles représailles. Voilà le choix terrible auquel étaient confrontés les jeunes sundgauviens : partir mourir sous un uniforme qui n’était pas le leur ou condamner leurs proches.

 

Les Alsaciens connaissent bien le prix du sang, du déracinement et de l’exode. Ils sont particulièrement attachés au dialogue, aux compromis et aux valeurs humanistes. C’est peut-être la raison pour laquelle nous sommes une terre centriste et nous partageons largement les valeurs de l’UDI.