Municipales : l’engagement fondamental
Catherine Lhéritier, 1re Vice-présidente du Conseil départemental de Loir-et-Cher, Maire de Valloire-sur-Cisse, 1re Vice-présidente de l’Association des Maires de France et Présidente de l’association des maires du Loir-et-Cher
Dans le contexte national délétère, l’intérêt pour les élections municipales n’était pas marquant avant les fêtes de fin d’année. À l’approche des élections de mars 2026, l’intérêt des Français pour le scrutin municipal s’avère finalement élevé (76 %). Les thématiques prioritaires sont dominées par la sécurité et la lutte contre la délinquance, mais aussi les questions de santé et de démographie médicale.
Le paysage politique local est également marqué par une révolte contre le comportement de La France Insoumise (LFI) et la dynamique de “barrage” s’avère plus importante contre LFI, que contre le Rassemblement national. Toutefois ce constat s’applique moins aux élections municipales traditionnellement moins politisées, notamment dans les petites communes.
Une fonction de maire fragilisée, mais résiliente et un statut de l’élu enfin adopté
Le mandat de maire a subi une érosion sans précédent. Entre 2020 et 2025, 2 189 démissions volontaires ont été enregistrées, soit plus d’une par jour. Ce chiffre a quadruplé en trois mandats, révélant une fragilisation profonde due à :
- Des crises successives (sanitaires, climatiques, sociales).
- Une hausse des violences (+32 % d’agressions entre 2021 et 2022).
- Des contraintes administratives et une perte d’autonomie financière face à l’État.
Cette érosion inquiétante avait conduit l’Association des Maires de France (AMF), entendue par le Sénat et portée par François Gatel, alors Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, désormais ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, à plaider pour une réforme du statut de l’élu sur trois axes :
- L’amélioration des conditions d’exercice : hausse des indemnités et protection sociale renforcée.
- La décentralisation réelle : donner aux communes des ressources propres et un pouvoir réglementaire élargi.
- La confiance mutuelle : transformer la méfiance de l’État en un véritable dialogue politique.
La loi relative au statut de l’élu a finalement été votée en fin 2025, portant ainsi enfin une reconnaissance des 500 000 élus locaux qui demeurent le pilier de la cohésion nationale et de la relance économique. Le texte est en deçà des attentes de l’AMF, mais c’est une porte ouverte à la reconnaissance de la nécessité d’un soutien institutionnel fort pour pérenniser leur engagement à l’avenir.
Pour l’heure, force est de constater le formidable engagement des maires. En effet une récente étude de Martial Foucault montre que, malgré une charge de travail lourde (32h/semaine en moyenne) et des indemnités souvent jugées insuffisantes — obligeant 20 000 élus à maintenir une activité professionnelle — les maires font preuve de résilience. La proportion d’élus souhaitant se représenter en 2026 reste stable par rapport au mandat précédent.
La commune sauvera la République !