Mercosur : soutenir nos agriculteurs et protéger nos enfants
Marc Gaudet, Président du Conseil départemental du Loiret
L’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dans sa rédaction actuelle, soulève de lourdes interrogations. Différences majeures de normes de production, usage de substances chimiques interdites en France, traçabilité insuffisante des produits importés : les risques sont connus et largement dénoncés par le monde agricole.
Face à cette réalité, j’ai fait le choix d’agir, sans attendre. Dès le début du mois de janvier, j’ai engagé une démarche concrète au sein du Département du Loiret. Très rapidement, des décisions claires ont été prises : ne plus acheter de produits alimentaires en provenance des pays du Mercosur pour notre restauration scolaire ; les chefs de cuisine de nos collèges ont été sensibilisés, un inventaire précis des stocks a été réalisé.
Ce choix est un choix de responsabilité. Comment accepter que des produits ne respectant pas les mêmes exigences sanitaires, environnementales et sociales que celles imposées à nos agriculteurs puissent se retrouver dans les assiettes de nos collégiens ? Comment justifier cette incohérence, alors même que la France applique souvent une surtransposition des normes européennes à ses propres producteurs ?
Dans les 58 collèges publics du Loiret, ce sont près de 24 000 repas servis chaque jour, soit trois millions de repas par an. Cette responsabilité nous oblige. Elle nous impose de garantir une alimentation saine, de qualité et pleinement traçable, tout en soutenant une agriculture locale, durable et rémunératrice.
J’ai souhaité rendre cette décision publique immédiatement par voie de presse. Les réactions ont été rapides, positives et nombreuses. Cette prise de position a suscité un large écho et a encouragé d’autres collectivités à s’engager à leur tour, créant une véritable dynamique collective.
C’est ainsi que les territoires peuvent peser : par des décisions concrètes, assumées et cohérentes. Le Loiret continuera à défendre ses agriculteurs, la souveraineté alimentaire française et la protection de nos enfants. Parce que sur ces sujets, il n’y a ni compromis possible ni attente acceptable.