Point sur la situation politique en Nouvelle-Calédonie
Éric Hélard, Secrétaire national UDI aux Outre-mer
Remontons quelque peu le fil du temps : la loi sur le dégel du corps électoral – sujet hautement inflammable sur le Caillou – déclenche des événements en mai 2024 avec pour conséquence 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts. Le territoire s’enfonce alors dans une crise économique et sociale sans précédent. Le projet est abandonné en octobre par Michel Barnier.
Le 23 décembre 2024, François Bayrou, Premier ministre, nomme Manuel Valls ministre d’État, ministre des Outre-mer, charge à lui de reprendre les fils du dialogue avec les indépendantistes, ce qu’il réussit.
Mais le conclave dit de Deva, censé aboutir à un accord sur l’avenir institutionnel du territoire, se solde par un échec en mai 2025 du fait des loyalistes.
La signature de l’accord de Bougival le 12 juillet 2025 arraché après dix jours de débats à huis clos en présence de toutes les formations politiques indépendantistes et non indépendantistes sonne comme un réel espoir. Il vise à définir un « État de la Nouvelle-Calédonie » au sein de la République.
Patatras ! Le 9 aout 2025, le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), lors d’un Congrès extraordinaire, rejette l’accord : une décision lourde de conséquences.
Le 12 octobre 2025, Naima Moutchou succède à Manuel Valls.
Un nouveau round commence et se conclut le 19 janvier dernier par la signature – hors FLNKS qui boycotte la rencontre – d’un complément à Bougival, appelé accord Élysée-Oudinot.
Dès lors, un calendrier parlementaire chargé se dessine. Un projet de loi constitutionnelle arrive en discussion au Sénat le 24 février. Les observateurs estiment qu’il a de bonnes chances d’y être adopté. Mais à l’Assemblée nationale, il en sera probablement tout autrement : l’opposition des socialistes annoncée le 17 février complique les chances d’une adoption du texte.
Les formations extrêmes des deux côtés de l’hémicycle sont également contre.
Comment donc envisager l’obtention de l’approbation des trois cinquièmes des parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 13 avril ?
Pendant ce temps, les Calédoniens souffrent durement : le triptyque « instabilité, pauvreté, insécurité » peut à tout moment dégénérer.
Une leçon doit être retenue : rien n’est possible en Nouvelle-Calédonie sans consensus.
La politique de la chaise vide du FLNKS est critiquable : mais est-il possible de les laisser en dehors d’un accord sur l’avenir institutionnel du territoire ? C’est un pari très audacieux. Il faudra bien remettre tous les acteurs autour de la table.
Hervé Marseille, Président de l’UDI et Président du groupe Union centriste au Sénat, suit de très près la situation et reçoit de nombreuses délégations calédoniennes, dans une posture d’écoute constructive.
Souhaitons avec lui qu’au final, la sagesse l’emporte. Il en va de la paix sur le Caillou et de son avenir avec la France.