Le pastoralisme face au réchauffement climatique : un héritage à préserver, un avenir à construire

Catherine Pacoret, Conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes, membre du groupe UDI, centristes et apparentés et membre de nombreux comités de pilotage pour les réserves naturelles et parcs de Haute-Savoie

 

Le pastoralisme, pratique ancestrale et pilier de nos territoires ruraux et montagnards, est aujourd’hui gravement menacé par le réchauffement climatique.

Sécheresses à répétition, perturbation des cycles végétatifs, raréfaction de l’eau et multiplication des risques sanitaires pour les troupeaux transforment le quotidien des éleveurs. « En 2022, la sécheresse a entraîné une baisse de 30 % de la production fourragère dans les Alpes du Nord », rappelle un rapport de la Chambre d’agriculture de Savoie. Les conséquences sont lourdes : réduction des troupeaux, achat coûteux de fourrages, endettement croissant et découragement des jeunes générations, mettant en péril la transmission de ce savoir-faire séculaire.

 

Des réponses émergent et certaines régions montrent la voie. Des éleveurs, soutenus par des collectivités locales, des Parcs naturels régionaux et des animateurs Natura 2000 expérimentent des pratiques innovantes : restauration de mares pastorales, installation de systèmes d’irrigation économe, diversification des ressources fourragères avec des espèces résistantes à la sécheresse ou encore développement de circuits courts pour valoriser les produits locaux.

 

Dans les Bauges, un projet pilote a, par exemple, permis de restaurer 5 mares pastorales et de former 20 éleveurs à la gestion de l’eau, diminuant de 30 % le stress hydrique des troupeaux en été et réduisant significativement les pertes liées aux canicules.

 

Le pastoralisme n’est pas qu’une simple activité économique. Il joue un rôle clé dans la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone, la prévention des incendies et le maintien de nos paysages. Pour que ce modèle perdure, il est urgent que les pouvoirs publics agissent. Cela implique de renforcer les financements pour les infrastructures résilientes, de simplifier l’accès aux dispositifs d’aide et de reconnaître pleinement le pastoralisme comme un levier contribuant à l’adaptation au changement climatique.

 

Le pastoralisme n’est pas un vestige du passé, elle doit au contraire devenir un laboratoire d’adaptation, à condition de lui donner les moyens. Les initiatives, bien que prometteuses, restent encore trop isolées et insuffisamment soutenues. Ne laissons pas les éleveurs seuls face à ce défi. Agissons ensemble pour que le pastoralisme reste une fierté française, un héritage vivant et une solution pour demain.