Prix des carburants : les marges de manoeuvre sont limitées
Jean-Philippe Luce, Conseiller du 17e arrondissement de Paris, Conseiller régional d’Île-de-France et Secrétaire national UDI aux Transports
Alors que les prix à la pompe atteignent des sommets historiques en France, l’absence de marge de manœuvre budgétaire contraint l’État à la mise en place de mesures ciblées et limitées dans le temps.
Le conflit en Iran, et plus globalement au Moyen-Orient, a entrainé la paralysie du détroit d’Ormuz par lequel transite habituellement près d’un cinquième de la production mondiale de pétrole. Cette perturbation de l’approvisionnement a fait exploser les cours du baril de pétrole tout au long du mois de mars.
Face à cette envolée du prix du pétrole, et à son impact sur l’économie, le G7 qui s’est récemment réuni a indiqué vouloir prendre les mesures nécessaires pour préserver la stabilité et la sécurité du marché de l’énergie. Cela est aller jusqu’à puiser dans les réserves stratégiques de pétrole afin de réussir à maitriser la hausse des cours et à lisser dans le temps son impact sur l’économie.
Parallèlement, de nombreux États européens dont la France, ont également mis en place des mesures pour limiter l’impact de la hausse des cours du pétrole. Toutefois, alors que les prix à la pompe ont en moyenne augmenté en France de près de 50 centimes en moins d’un mois, des mesures générales ont, à juste titre été exclues, afin de ne pas plomber les finances publiques.
Le gouvernement a annoncé la mise en place d’aides ciblées et limitées dans le temps en débloquant sur le mois d’avril environ 70 millions d’euros pour accompagner les acteurs de la pêche, de l’agriculture et des transports.
Alors que jugées insuffisantes par les professionnels concernés, pour que l’État puisse aller plus loin dans les aides apportées et jouer à nouveau pleinement son rôle d’amortisseur en cas de crise et de difficultés, il est indispensable qu’il puisse retrouver des marges de manœuvre en menant à bien des réformes structurelles.
De plus, chaque crise pétrolière est l’occasion de nous questionner face à notre dépendance aux énergies fossiles et au risque de volatilité de son prix. De nombreuses actions sont encore à mener pour nous désensibiliser, comme par exemple :
- Investir massivement dans le développement de mobilités non polluantes,
- Développer une véritable stratégie en faveur du ferroutage, et
- Promouvoir les véhicules hybrides davantage adaptés aux grandes distances.