Drapeau européen décroché, fonds européens encaissés : le RN se trahit lui-même

Gilles Cima, Adjoint au maire de Cannes et Président de la Fédération UDI des Alpes-Maritimes

 

Le geste était calculé, filmé, mis en scène pour les réseaux sociaux. À Cagnes-sur-Mer, Canohès, Carcassonne et Harnes, les tout nouveaux maires du Rassemblement national (RN) ont décroché le drapeau européen du fronton de leur mairie dès les premiers jours de leur mandat.

 

Ici, dans mon propre département, des Alpes-Maritimes, Bryan Masson s’y est empressé à Cagnes-sur-Mer. Le message voulu était celui d’une rupture souveraine. Le message réel est celui d’une imposture.

 

Car pendant que ces maires jouent les bravaches sur les réseaux sociaux, leurs communes ont bénéficié des aides de Bruxelles. À Harnes, près de trois millions d’euros de fonds européens ont financé le réaménagement d’une voie verte. À Carcassonne, plus de trois millions d’euros ont permis de rénover l’hôpital. Quant au nouveau maire de Carcassonne, il a lui-même perçu près de 300 000 euros d’aides européennes au titre de la PAC en quinze ans… avant de décrocher le drapeau en souriant devant la caméra. Qu’il s’agisse de cynisme assumé ou d’amnésie sélective, le résultat est le même : une tromperie envers leurs propres électeurs.

 

Le RN prétend avoir changé. Ces gestes théâtraux prouvent le contraire : la haine de l’Europe reste leur ADN. Dès qu’ils ont le pouvoir, le fond revient à la surface dès les premiers micros ou caméras. Ce que révèle cette séquence, c’est un parti qui utilise les institutions pour en discréditer d’autres, qui encaisse l’argent européen tout en crachant sur le drapeau qui les finance, et qui préfère la polémique facile au travail sérieux d’élus locaux.

 

À l’UDI, nous assumons notre attachement à l’Europe, non par naïveté, mais parce que l’Europe protège, rassemble et soutient. Un drapeau décroché ne change rien à cela. Il dit seulement, et clairement, qui est le RN.