Nouvelle ère en Hongrie
Christophe de Contenson, Conseiller départemental de l’Allier chargé de l’action du Conseil départemental en faveur des exilés ukrainiens et Secrétaire national UDI à la coopération et au codéveloppement
« Nous avons libéré la Hongrie » a scandé Péter Magyar, le vainqueur des élections législatives en Hongrie, alors que son parti, Tisza, remportait, dimanche, 138 des 199 sièges que compte le parlement hongrois.
Avant de poursuivre ce propos, force est de constater que, contrairement à l’Ukraine, lors des manifestations qui ont suivi la victoire du parti pro-européen en 2014, personne n’a tiré sur la foule, pas plus avant lors des grands rassemblements que le soir de la victoire sur les bords du Danube. Il n’y a pas eu de menaces directes ou indirectes envers le futur premier ministre. C’est juste l’appel téléphonique d’un homme battu qui admettait avoir perdu les élections dans des proportions importantes. Une belle leçon de transition démocratique dont certains pourraient bien s’inspirer dans l’hexagone.
Viktor Orbán était l’ami de Donald Trump et de JD Vance, de Marine Le Pen aussi qui, en avril 2022 lors de sa victoire, lui lançait « Quand le peuple vote, le peuple gagne » et bien il a voté à près de 80 % pour le départ de celui qu’elle soutenait, cheval de Troie sans complexe du Président russe, au sein de l’Union européenne.
Viktor Orbán bouté, cette dernière ne peut que se réjouir d’entendre le jeune vainqueur dire tout son attachement à Bruxelles et l’Ukraine plus encore, lorsqu’il affirme « Tout le monde en Hongrie sait que l’Ukraine est une victime de cette guerre et personne ne devrait leur dire dans quelles conditions ils doivent entrer dans une paix ou signer un traité de paix. Nous ne pouvons pas dire à un pays d’abandonner son territoire. Que ferions-nous si la Russie attaquait la Hongrie, quels comtés serions-nous prêts à céder ? »
Solidaire, il a déclaré ne pas vouloir s’opposer au prêt de 90 milliards d’euros promis à Kyiv. L’espoir peut-être de récupérer les 19 milliards d’euros de fonds destinés à son pays et gelés depuis 2022 ?
Cependant, il va lui falloir agir vite et bien, car une partie de l’appareil d’État nommée pour de longues années pourrait être tentée de parasiter la mise en place de ses décisions. Est-ce à eux qu’il pensait lorsqu’il se réjouissait d’avoir ainsi libéré la Hongrie ?