Grand âge : cesser de repousser l’échéance, agir maintenant

Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne, Conseiller municipal de Changé (53), Président du groupe de travail “Grand Âge” de Départements de France et Vice-président de l’UDI

 

Trop souvent relégué à plus tard, le défi du grand âge s’impose pourtant à nous avec une urgence croissante. Depuis des années, les annonces gouvernementales se succèdent, les plans se dessinent… puis s’ajournent.

Pendant ce temps, sur le terrain, les départements agissent. Ils sont en première ligne, au contact direct des Français qui vieillissent, de leurs familles, et des professionnels du secteur.

 

Vieillir en France aujourd’hui, c’est d’abord une réalité contrastée. Pour certains, c’est la possibilité de rester chez soi, entouré, autonome. Pour d’autres, c’est l’isolement, la perte d’autonomie, l’angoisse de ne pas trouver de place en établissement ou de ne pas pouvoir en assumer le coût. C’est aussi, trop souvent, une inquiétude pour les proches aidants, qui portent une charge humaine et financière considérable.

 

Face à cela, les départements ne sont pas restés immobiles. Ils financent l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), soutiennent les services d’aide à domicile, investissent dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), innovent en matière de prévention de la perte d’autonomie. Mais chacun le sait : nous arrivons à la limite de ce que nous pouvons faire seuls.

 

Car les besoins explosent. Le vieillissement de la population est une réalité démographique implacable. D’ici 2030, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Les moyens, eux, ne suivent pas. Les départements font face à une équation budgétaire de plus en plus contrainte, alors même que les attentes légitimes de nos concitoyens augmentent.

 

Il est temps que l’État prenne pleinement la mesure de cet enjeu. Nous attendons une loi ambitieuse sur le grand âge, assortie de financements pérennes et à la hauteur des besoins. Nous attendons une clarification des responsabilités, pour sortir d’un système fragmenté et parfois illisible. Nous attendons enfin une véritable reconnaissance des métiers du lien, indispensables à la dignité de nos aînés.

 

Le grand âge n’est pas un sujet technique : c’est un choix de société. Celui de la solidarité entre les générations. Celui de la dignité jusqu’au bout de la vie. Ne plus agir, c’est déjà renoncer.