Le repas à 1 € : un pilier pour le pouvoir d’achat de notre jeunesse
Thomas Lhermitte, Vice-Président d’Amiens métropole en charge de l’enseignement supérieur et de l’innovation étudiante
Le gouvernement vient de franchir une étape décisive : la généralisation du repas à 1 € pour l’ensemble des étudiants de France. Cette mesure, inaugurée par le ministre de l’Enseignement supérieur lors de son déplacement à Amiens ce lundi, n’est pas un simple ajustement technique.
C’est une réponse de grande ampleur à la précarité qui ronge nos campus, où près d’un jeune sur trois saute encore régulièrement des repas faute de moyens.
Au-delà de l’urgence alimentaire, cette décision est centrale pour le pouvoir d’achat. Pour un étudiant non boursier, l’économie réalisée représente près de 500 euros par année universitaire. Dans un budget étudiant étranglé par l’explosion des loyers et des charges, cette somme est le souffle qui permet de se loger, de se soigner ou d’accéder à la culture. En stabilisant ce poste de dépense, nous stabilisons l’équilibre de vie de notre jeunesse. Car lorsque la faim ou l’angoisse financière deviennent des freins à la réussite académique, c’est la promesse républicaine d’égalité des chances qui vacille.
Cependant, l’UDI appelle à aller au-delà de la seule satisfaction des annonces. Une mesure sociale ne vaut que par son exécution. Si l’intention est louable, elle place nos centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) sous une pression inédite. Accueillir des flux d’étudiants massifs dans des structures parfois vieillissantes ou saturées nécessite plus que des mots : il faut des actes budgétaires forts. Sans un plan massif d’investissement dans nos infrastructures et un renfort adapté des personnels, la mesure risque de se heurter au mur de la réalité logistique.
Si le ministère a su mobiliser des crédits d’urgence pour répondre aux besoins immédiats, cette réponse strictement budgétaire manque d’un ancrage législatif qui seul garantirait la pérennité du dispositif. Sans une loi de programmation structurante, nous restons sous la menace d’un simple arbitrage comptable lors des prochains budgets.
La solidarité ne se décrète pas, elle se construit sur le long terme. L’État doit garantir aux CROUS une compensation adaptée à l’inflation pour maintenir la qualité de nos plateaux. Nous serons vigilants : ce gain de pouvoir d’achat pour nos étudiants ne doit pas se faire au prix d’une dégradation de leur service public. Le repas à 1 € doit devenir le point de départ d’une véritable politique de la vie étudiante, durable et sanctuarisée.