Réflexion sur l’IA et ses conséquences sur mon métier de journaliste de presse écrite

Gilles David, Conseiller municipal délégué de Bonneuil-sur-Marne et journaliste

 

L’intelligence artificielle (IA) promet un journalisme plus précis, plus rapide et plus analytique. Selon la méthode, les systèmes utilisés de génération réduiraient les erreurs et accélèreraient les informations vraies ou fausses pour le commun des mortels. Ce qui permettrait de passer à la vitesse d’un TGV d’un sujet à un autre en une fraction de seconde.

 

Aussi simple que cela puisse paraître, là ce jour, les réponses de l’IA apportent des nuances qui peuvent être discutables. Ce qui pourrait être inquiétant, c’est que l’IA crée des problèmes, là où il n’y en aurait pas.

 

Depuis l’essor des ChatGPT, une question revient fréquemment lorsque j’aborde mon métier de journaliste/reporter sportif de presse écrite. Pour ma part, je pense que l’IA ne remplacera pas mon travail de terrain.

 

Cependant l’utilisation des ChatGPT risque de mener l’utilisateur sur le chemin du mensonge, pour certains de l’incertitude, et du doute selon la période des évènements politiques.

 

De ce constat, comment un commun des mortels pourra-t-il se faire un avis entre le vrai ou le faux ? À partir de quoi toutes les méthodes utilisées par l’intelligence artificielle risqueraient-elles d’emmener les lecteurs ?

 

Si les lecteurs tombent dans le piège de la manipulation sans pouvoir être certains de vérifier la véritable source des informations, ils tomberont dans un système d’information qui détiendra un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

Aujourd’hui, nous ne sommes qu’au début de cet engrenage. Tout sera fait pour que le public s’habitue à l’idée du changement, à tort ou à raison, afin qu’il finisse par tout accepter. Mais le jour où il n’y aura plus de journaux pour contredire la robotisation, ce sera la fin de l’information et de la liberté de la presse.

 

Élu depuis 20 ans conseiller municipal, délégué et journaliste, je suis très inquiet sur l’avenir de la presse. Personnellement, je n’utilise pas l’IA pour écrire mes articles, puisque je vais régulièrement sur le terrain pour être au plus près des acteurs et vivre l’évènement en temps réel.

 

Maintenant, est-ce que l’IA remplacera en 2040 celles et ceux qui travaillent en temps réel sur le terrain pour rapporter les faits ? Je n’en suis pas persuadé, mais on peut être inquiet pour la profession.