Replaçons la politique familiale au cœur de l’action publique

Constance de Pélichy, Députée du Loiret, Présidente de la mission d’information à l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité et Conseillère régionale Centre-Val de Loire

 

Les nouvelles projections démographiques publiées par l’Insee constituent un signal d’alerte que nous ne pouvons ignorer. Si les tendances actuelles se poursuivent, la France compterait 65,9 millions d’habitants en 2070, soit 3,2 millions de moins qu’aujourd’hui.

 

Cette évolution n’est pas une surprise. Les travaux de la mission d’information sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité, que j’ai eu l’honneur de présider, avaient déjà mis en évidence l’ampleur du phénomène.

 

Depuis le milieu des années 2010, la France connaît une baisse continue du nombre de naissances et une fécondité désormais très inférieure au seuil de renouvellement des générations. Pourtant, le désir d’enfant demeure largement majoritaire. Les études montrent que plus de huit jeunes adultes sur dix se projettent dans une vie de parent. Le problème n’est donc pas l’absence de désir d’enfant, ce sont les obstacles qui empêchent sa concrétisation.

 

Les auditions ont révélé une réalité préoccupante : coût du logement, précarité professionnelle, difficultés d’accès aux modes de garde, recul de l’âge de la parentalité, difficultés liées à l’infertilité ou encore sentiment d’incertitude face à l’avenir. Autant de facteurs qui conduisent de nombreux Français à reporter, voire à renoncer, à leur projet familial.

 

Les conséquences dépassent largement la seule sphère familiale. Une population moins nombreuse et plus âgée aura des répercussions majeures sur notre système de santé, nos retraites, notre marché du travail, l’aménagement de nos territoires et plus largement sur la cohésion de notre société. D’ici 2070, le nombre de personnes de moins de 45 ans diminuerait de près de 9 millions, tandis que celui des plus de 65 ans augmenterait de près de 6 millions.

 

Face à ce défi, il est temps de replacer la politique familiale au cœur de l’action publique.

 

Les conclusions de la mission d’information ont mis en évidence la nécessité d’agir sur les principaux freins à la parentalité, au premier rang desquels figurent les difficultés d’accès au logement. C’est le sens de la proposition de loi que je porte visant à instaurer un Prêt à Taux Zéro pour les familles.

 

Ainsi, l’objectif n’est pas de dicter des choix de vie, mais de permettre à chaque Français de réaliser son projet familial lorsqu’il le souhaite.

 

Une nation qui ne donne plus les moyens à ses citoyens d’accueillir les enfants qu’ils désirent compromet son avenir démographique, économique et social.