Adaptation au changement climatique : l’urgence est là !

Benjamin Dumortier, Maire de Cysoing (59), membre de l’association des petites villes de France

 

Les faits sont têtus et ce qui relevait de l’exception devient désormais la norme. Les canicules se répètent et les records de chaleur se succèdent.

Pourtant, malgré les discours de plus en plus alarmants des scientifiques, la mobilisation en faveur de l’adaptation au changement climatique n’est toujours pas au niveau de ce qu’elle devrait être et la baisse des crédits alloués au Fonds vert en est l’un des symptômes.

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Ce retard pris dans notre adaptation au changement climatique se paie déjà cher, à la fois sur le plan économique et sanitaire. Il est urgent de réagir avec force et sans tarder.

 

J’ai assisté aux Assises des Petites Villes de France, qui se sont déroulées à Château-Thierry en juin. L’APVF, dont j’ai été réélu membre du Bureau, avait justement choisi de consacrer l’une de ses grandes tables rondes au thème : « Les maires aux avant-postes du défi climatique ».

 

Il est en effet évident que les collectivités territoriales, et en premier lieu nos communes, sont en première ligne pour relever les défis climatiques, notamment en accélérant la rénovation thermique des bâtiments publics. Et ce sont souvent les petites villes qui font preuve des initiatives les plus innovantes sur ce sujet. Cela suppose des moyens financiers conséquents et surtout, une visibilité budgétaire de la part de l’État.

 

Si l’on peut désormais mutualiser l’ingénierie grâce à nos intercommunalités – c’est le cas de la Pévèle-Carembault qui a créé un service commun énergie, lequel analyse les consommations des bâtiments municipaux et optimise non seulement les dépenses d’énergie mais aussi conseille sur les rénovations à entreprendre -, le coût des travaux reste à la charge, souvent lourde, de nos communes.

 

Construire des bâtiments ultra-isolés, végétaliser nos rues, nos cours d’écoles et nos parkings, climatiser certaines pièces en repli, aménager les horaires de travail, toutes les solutions sont bonnes pour lutter contre ces phénomènes déjà pesants.

 

S’attaquer aux émissions de gaz à effet de serre est aussi un enjeu vital pour l’avenir de notre planète, alors que l’argent manque pour agir. Il faut dégager de grandes priorités au niveau national, dont celles évoquées ci-dessus. Pour y parvenir, il ne peut plus être question de poursuivre une politique de « stop and go », comme nous le faisons depuis des années. L’adaptation exige de la constance, de la visibilité et des investissements durables.