Éolien en mer : Pour un vrai développement durable alliant transition, biodiversité et pêche
Alexis Quentin, Secrétaire national UDI à l’Énergie et membre du Conseil supérieur de l’énergie
Face à l’urgence climatique, le développement de l’éolien en mer s’impose comme un levier indispensable pour assurer notre trajectoire vers la neutralité carbone. Grâce à nos façades maritimes, notre territoire dispose d’un atout stratégique unique pour décarboner en profondeur son système énergétique.
L’expertise scientifique collective menée par l’Ifremer et le CNRS sur les éoliennes en mer et la biodiversité identifie dix catégories de pressions ayant des effets mesurables sur la biodiversité marine. Pour autant, ce travail ne remet pas en cause le fondement de l’intérêt des éoliennes maritimes. Il indique au contraire que ces pressions sont tout à fait gérables, à condition d’adopter des choix techniques et des stratégies d’atténuation rigoureuses.
Le déploiement de cette énergie exige ainsi une véritable balance risque-bénéfice, clé de voûte d’un développement durable authentique, alliant environnement, économie et social. Il s’agit de concilier sereinement trois piliers fondamentaux :
- Le besoin de décarbonation pour lutter contre le réchauffement global.
- La préservation de la biodiversité face aux modifications physiques et chimiques du milieu.
- Le maintien des activités humaines, au premier rang desquelles figure la pêche.
Cette conciliation nécessite un dialogue approfondi entre toutes les parties prenantes pour encourager la co-activité et l’acceptabilité sociale des parcs.
Par contre, cette étude a mis en évidence des verrous qu’il nous faudra lever :
- 66 % des mesures d’atténuation environnementale proposées dans la littérature n’ont pas encore été testées en conditions réelles.
- Un besoin de recul sur le long terme, la durée de vie moyenne des parcs s’étendant sur 25 à 35 ans.
- Des connaissances à consolider sur l’éolien flottant et sur le cumul des impacts à l’échelle de paysages marins entiers.
Pour réduire les incertitudes, il est impératif de continuer à financer et soutenir la recherche afin d’obtenir des données plus précises et des parades techniques encore plus efficaces.
Renforcer l’acquisition de connaissances est la seule voie pour passer d’une gestion fragmentée, « projet par projet » à une approche globale, garantissant l’essor de l’éolien dans le respect durable de nos océans et de nos pêcheurs.