La bonne direction pour la France
Jean-Louis Borloo est sorti de sa réserve. Dans un entretien au JDD, l’ancien ministre d’État et fondateur de l’UDI livre son diagnostic sans détour sur l’état du pays et propose une nouvelle méthode, car « notre avenir ne peut reposer sur un logiciel en échec ».
Le constat est sévère. La gestion de l’État est devenue inefficace et ruineuse. Tout le monde s’occupe de tout, avec sept ou huit guichets pour une même démarche et 300 000 normes inutiles, dont un quart ajouté ces dix dernières années.
L’exemple le plus parlant est la protection de l’enfance, éclatée entre l’aide sociale à l’enfance, la protection judiciaire de la jeunesse, l’État, le département, la ville et les associations. Sans oublier que la justice des mineurs met de douze à dix-huit mois pour répondre à une infraction.
Face à ce Léviathan administratif, Jean-Louis Borloo appelle à rassembler les forces. N’ayons pas peur d’un fédéralisme à la française, plaide-t-il, avec un État fort sur ses missions régaliennes et des collectivités dotées de compétences exclusives sur le quotidien. Il écarte du même geste la tentation de l’homme ou de la femme providentiels. Le redressement passera par une équipe ultrapréparée, composée de femmes et d’hommes aux parcours et aux expériences différents, capable de travailler plusieurs mois avant de proposer un mandat aux Français.
Cette méthode existe déjà là où le pays réussit. Le sport en est la démonstration, avec 160 000 clubs, 18 millions de licenciés et 3,5 millions de bénévoles qui en ont fait le troisième pilier éducatif de la nation. Ce ne sont pas les ministères qui font vivre les clubs, mais les territoires, puisque les communes financent plus de 70 % du budget du sport.
Les éducateurs sportifs peuvent redonner des repères à la jeunesse. À Orléans, la violence a chuté de 80 % en dix ans parce qu’un jeune y est pris en charge dans les 48 heures. Le service militaire adapté (SMA) accompagne 6 000 jeunes chaque année et trois sur quatre retrouvent un emploi ou une formation en moins de six mois. D’où l’idée d’une coalition pour la jeunesse réunissant les maires, les fédérations et les entreprises.
Faire de la jeunesse la priorité nationale et rendre aux territoires le pouvoir d’agir, voilà la bonne direction.