Un calendrier parlementaire renversé par l’élection présidentielle

Christophe Naegelen, Président du groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT) à l’Assemblée nationale, Député des Vosges et Conseiller régional du Grand Est

Nous allons rentrer en septembre dans un tunnel électoral avec l’ouverture de la campagne présidentielle et nous ne devrions en sortir au mieux qu’en juin 2027 à l’issue de législatives quasi certaines.

Pendant ce temps à l’Assemblée nationale, nous allons devoir accoucher d’un budget qui réponde aux critères de stabilité et aux attentes de nos concitoyens. Mais malgré les contraintes budgétaires et les dossiers urgents, il est à craindre que les futurs candidats ne campent sur leurs positions et se contentent de tracer leurs lignes rouges de peur de mécontenter leur électorat. Comment en effet espérer trouver la voie de la sagesse et de l’équilibre dans une Assemblée morcelée et tournée vers l’élection présidentielle ?

Les finances publiques continuent de se dégrader, que ce soit le budget de l’État ou bien celui de la Sécurité sociale, avec 160 milliards de dettes en plus et 12 milliards de charge de la dette supplémentaire uniquement pour 2026. Il ne devrait pas y avoir de chemin pour voter les budgets cette année, qui devraient passer par des lois spéciales, voire des ordonnances.

Il paraît aussi impossible de trouver des consensus sur de grandes lois fondatrices. L’embouteillage de petits textes entre juin et juillet à l’Assemblée montre que le gouvernement n’espère plus grand-chose à partir de la rentrée.

Mais l’Assemblée devra tout de même étudier des textes importants comme celui qui concerne l’extension des prérogatives des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte n’a de sens qu’en début de mandature municipale et ne peut donc attendre. La loi sur le logement et le programme de rénovation urbaine « ANRU 3 » devra elle aussi être étudiée dès la rentrée pour permettre de lancer les projets. Deux autres textes seront étudiés au dernier trimestre, dont un que j’aurai l’honneur de porter et qui vise à pérenniser les titres restaurants, et enfin une loi « intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et les enfants » qui sera examinée en octobre.

Le risque est grand que les logiques partisanes prennent le dessus sur l’intérêt de notre pays et de nos concitoyens, des efforts devront être consentis, nous nous y attendons tous, mais ils devront être justes et ne pas impacter le fruit du travail de nos concitoyens.

Nous ne pouvons que l’espérer.