Le budget 2027 de tous les dangers

Vincent Delahaye, Sénateur de l’Essonne, membre de la commission des finances au Sénat et Conseiller municipal de Massy (91)

Vous avez aimé le budget 2026 ?

Vous allez adorer celui de 2027 !

Notre situation financière est catastrophique, la dette devient hors de contrôle. Beaucoup le reconnaissent, mais une grande majorité fait comme si tout continuait à aller bien.

Le budget 2027, que le gouvernement présente comme serré au maximum prévoit, à ce stade, une augmentation des dépenses de l’État et de ses opérateurs de 25 milliards d’euros, celles de la Sécurité sociale augmentant également de 17 milliards. Soit, au total, 42 milliards de dépenses publiques supplémentaires. On est loin de l’austérité que certains (toujours les mêmes, idéologues et incompétents) dénoncent à tue-tête.

Bien sûr, si l’on retire ce qui augmente le plus, c’est-à-dire les intérêts de la dette (+12,7 milliards tout de même !) et la Défense nationale (+6,4 milliards), les dépenses de l’État augmenteraient certes un peu moins que l’inflation, mais augmenteraient néanmoins. Les « efforts proposés » sont bien inférieurs à ce qu’ils devraient être si l’on voulait réellement rétablir nos finances. Ils portent encore assez peu sur la dépense publique (malheureusement) et risquent de se résumer, comme en 2025 et en 2026, exclusivement à des hausses d’impôts. 

Malgré ces efforts trop limités, et donc surtout fiscaux, le gouvernement aura bien du mal à trouver une majorité qui puisse adopter un budget (même amendé) par le Parlement. À défaut, il devrait engager sa responsabilité sur le fondement de l’article 49.3 de la Constitution, mettre en œuvre le budget par voie d’ordonnance (ce serait une première) ou, option moins vraisemblable, mais pas impossible, faire adopter une loi spéciale sur la base du budget 2026 de sorte que les services de l’État puissent continuer à fonctionner en attendant l’adoption d’une loi de finances 2027 en bonne et due forme.

Quelle que soit la formule qui sera retenue, cela ne sera pas brillant et pas à la hauteur de ce qui doit être fait. Il faudra attendre la présidentielle en espérant que le président élu soit convaincu de la nécessité d’entamer une action résolue de redressement de nos comptes publics, indispensable à la souveraineté et à l’indépendance de notre pays.