Handicap : pour la liberté de choisir son parcours !

Jocelyne Guidez, Sénatrice de l’Essonne, membre du groupe de travail handicap au Sénat et Secrétaire nationale UDI chargée des Personnes handicapées et des aidants

 

À l’occasion de la Conférence nationale du handicap, ce vendredi 4 septembre, revenons au fil conducteur qui relie cette nouvelle étape à la loi fondatrice de 2005. Depuis vingt ans, nous parlons à juste titre de droits : droit à compensation, droit à l’accessibilité, droit à l’emploi, droit à la participation citoyenne. Mais un droit n’a de sens que s’il ouvre une liberté réelle.

La liberté de choisir son parcours, son emploi, son lieu de vie, ses soins. C’est à cette aune que nous devons mesurer l’efficacité de notre politique du handicap, même si le handicap recouvre des réalités multiples, difficiles à résumer en quelques lignes.

Dans l’emploi, des progrès ont été accomplis depuis 2005 : obligation d’emploi à 6 %, développement des entreprises adaptées et des établissements et services d’accompagnement par le travail (ESAT). Pourtant, le taux d’emploi des personnes handicapées demeure très inférieur à celui de l’ensemble de la population. Il nous faut donc sécuriser les passerelles entre ESAT, entreprise adaptée et milieu ordinaire, faciliter les changements de parcours et mieux accompagner les employeurs.

Même exigence pour les démarches administratives. Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ont constitué une avancée en créant un guichet unique, mais dont la complexité des formulaires, la durée et l’inégalité entre départements des délais de traitement sont incompréhensibles pour les bénéficiaires.

Enfin, la santé reste un angle mort. La mission « Santé des personnes en situation de handicap », lancée en mai 2025 par le Gouvernement, devait produire rapidement des propositions, qui n’ont toujours pas été rendues publiques. Or, les obstacles sont concrets. En soins bucco-dentaires, certaines personnes présentant un handicap sévère ont besoin de séances d’habituation avant tout soin, mais trouver un chirurgien-dentiste formé relève du parcours du combattant. Plus largement, l’accès aux soins ne se suffit pas à lui seul si la qualité des prises en charge n’est pas garantie. Il serait légitime de conformer toute prise en charge aux recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé, en particulier dans le champ psy.

C’est ainsi que les droits reconnus pourront enfin se traduire par davantage de liberté pour les personnes en situation de handicap.