Bâti scolaire : comment éviter la fournaise ?
James Chéron, Vice-président du Conseil régional d’Île-de-France chargé des Lycées et de la réussite éducative, Maire de Montereau-Fault-Yonne (77)
Les épisodes caniculaires de mai et juin derniers ont montré l’inadaptation du bâti scolaire de notre pays à des températures aussi élevées.
Que faire pour éviter la fournaise aux élèves et aux équipes pédagogiques durant les cours et examens ?
Le Rassemblement national a posé sa solution : la climatisation pour tous et partout. Appliquée aux 56 000 établissements scolaires du pays et à leurs quelque 550 000 salles de classe, c’est donc un plan à plus de 100 milliards € que promet l’extrême droite… sans indiquer comment les communes, départements et régions seront accompagnés pour le financer. De son côté, les gauches extrêmes sont par principe opposées à la climatisation et la refusent totalement. Démagogie et dogmatisme se rejoignent ici dans l’absence réelle de réponse crédible et concrète.
Lutter contre la fournaise dans les bâtiments scolaires nécessite en réalité une combinaison de mesures immédiates et d’aménagements à long terme, tant sur les bâtiments que l’organisation de la vie de la communauté scolaire (notamment les horaires). Cette liste est connue. Élus locaux, nous la pratiquons au quotidien. La Région Île-de-France consacre 6,6 milliards € en dix ans à construire et rénover des lycées qui tous sont alors plus vertueux et mieux adaptés. À Montereau, ce sont quatre équipements scolaires qui ont été adaptés sur le dernier mandat, dans un « plan écoles » durable. Ainsi font les communes, les départements et les régions, avec conviction et bonne volonté, mais sans les moyens nécessaires et donc dans le temps long.
L’enjeu est d’en faire une priorité politique nationale, et donc budgétaire, pour l’Etat.
L’UDI appelle à un grand Plan national de rénovation climatique des établissements scolaires, parallèle ou commun avec les crèches, les établissements hospitaliers et ceux accueillant des personnes âgées ou handicapées dépendantes, fixant ainsi les publics prioritaires les plus vulnérables.
Il est impossible de faire porter ce coût sur les seules collectivités auxquelles l’Etat impose par ailleurs un effet ciseau budgétaire insoutenable.
L’Etat doit donc activer des leviers puissants au bénéfice des collectivités : prêt à taux 0 par la Banque des Territoires, fléchage prioritaire des CEE, TVA à taux réduit de 5,5% comme pour les habitations, autorisation d’un cofinancement à 100%, fléchage prioritaire des subventions dans le cadre du Fonds vert, de la DSIL et de la DETR, sanctuarisation du fonds chaleur de l’ADEME, accompagnement de la filière…
Nous sommes peut-être en train de vivre l’été le plus frais du reste de notre vie. C’est le juste moment de prendre les bonnes décisions, simples, rapides et efficaces.