Lutte contre les violences sexistes et sexuelles : une loi intégrale, pour que plus aucune victime ne soit seule

Nathalie Marchal, Adjointe au Maire de Vincey chargée de la petite enfance et de la jeunesse, Présidente de la Fédération médico-sociale des Vosges et Déléguée départementale UDI des Vosges

Protéger une victime, ce n’est pas seulement faire cesser les violences. C’est aussi lui permettre de se reconstruire.

Alors que débute l’examen de la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, une conviction doit nous guider : une loi ne sera véritablement efficace que si elle change concrètement le parcours des victimes.

En tant que présidente de la Fédération médico-sociale des Vosges, je sais combien les professionnels de terrain occupent une place essentielle. Dans les services et établissements médico-sociaux, ils sont souvent les premiers à percevoir une souffrance, un changement de comportement, une parole hésitante. Ils sont parfois les premiers à qui une victime ose parler.

Mais repérer ne suffit pas. Écouter ne suffit pas. Il faut pouvoir accompagner.

Accompagner, c’est protéger, orienter, soutenir, expliquer les démarches, prendre en compte les conséquences psychologiques et sociales des violences et, surtout, aider la personne à retrouver confiance et autonomie.

Cela suppose des professionnels formés, des protocoles de signalement clairs, une véritable coopération entre les acteurs et des parcours qui évitent aux victimes de devoir raconter encore et encore leur histoire.

La prévention doit également commencer tôt. Mieux repérer les violences chez les enfants est une nécessité. Mais chaque nouvelle ambition doit être accompagnée de temps, de personnels formés et de moyens. Sinon, nous risquons de créer de nouvelles obligations sans donner aux professionnels les conditions de les mettre réellement en œuvre.

C’est là que se situe, selon moi, l’enjeu majeur de cette loi : ne pas opposer le texte et le terrain.

Une loi intégrale doit s’accompagner de moyens intégraux : humains, financiers, de formation et d’accompagnement des structures. Parce qu’une victime ne doit jamais être seule après avoir trouvé le courage de parler. Et parce que les professionnels qui recueillent cette parole ne doivent jamais être seuls non plus face à cette responsabilité.

Le vote d’une loi peut constituer une étape. La protection réelle des victimes, elle, se construit chaque jour sur le terrain.