Présidentielle : le pays est inquiet, mais pas résigné
Daniel Leca, Vice-président de la Région Hauts-de-France, Président du groupe UDI à la Région Hauts-de-France, 1er adjoint au Maire de Compiègne (60), Secrétaire général de l’UDI chargé des fédérations
L’enquête électorale française du CEVIPOF, menée auprès de 13 060 personnes inscrites sur les listes électorales, publiée en septembre 2026, décrit un pays profondément inquiet, mais nullement résigné.
L’inquiétude domine l’état d’esprit des Français (59 %), devant l’incertitude (51 %), la fatigue (34 %) et la colère (30 %). Surtout, 74 % pensent que la situation du pays va se détériorer dans les prochains mois. Cette inquiétude a un contenu très concret : 54 % placent parmi leurs deux priorités les questions économiques et financières, 53 % les questions sociales et 30 % les questions environnementales.
Ce pessimisme ne se traduit pourtant pas par un retrait civique. 75 % des Français disent s’intéresser à l’élection présidentielle et 67 % se déclarent déjà certains d’aller voter. Surtout, 71 % attendent de cette élection un « vrai changement social et politique » contre 51% en 2021. Le message est clair : les Français attendent une transformation profonde, tangible et crédible.
Dans un paysage politique fragmenté, où l’espace central est plus que jamais morcelé, pris en étau entre le Rassemblement national et la gauche radicale, cette aspiration nous oblige collectivement. Comment conjuguer changement profond et apaisement social et démocratique ? Une chose est certaine : l’apaisement ne viendra pas de l’immobilisme. Il viendra de notre capacité à proposer des choix clairs, à fixer des priorités, à réorganiser notre pays et à restaurer l’efficacité de l’action publique.
L’enquête montre d’ailleurs que les Français ont conscience de l’ampleur des efforts à accomplir, notamment pour réduire le déficit, la dette et la dépense publique. C’est une opportunité pour remettre à plat notre organisation collective. Mais cela suppose d’être transparent sur les choix à effectuer et, surtout, juste dans la répartition des efforts demandés.
Dans ce contexte, l’UDI doit porter une ligne de responsabilité, de rassemblement et de compromis. Défendre des réformes profondes ne signifie pas fracturer davantage le pays. Au contraire, les choix difficiles qui nous attendent doivent pouvoir être construits autour de consensus suffisamment larges pour être compris, acceptés et durables.
Nous sommes à un tournant de notre histoire. Répondre à l’inquiétude des Français exige désormais de la clarté, du courage et une véritable capacité d’action. C’est en transformant profondément notre organisation, sans renoncer au dialogue et au rassemblement, que nous pourrons restaurer la confiance et redonner au pays une perspective collective.