Forêts des Landes : l’heure est à la sanctuarisation de notre patrimoine
Guillaume Laussu, Adjoint au Maire de Dax (40), Président de la fédération UDI des Landes, Administrateur au Conseil d’administration du SDIS 40, ancien Président de l’Union régionale des sapeurs-pompiers de Nouvelle-Aquitaine, ancien administrateur à la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France et 18 ans de sapeurs-pompiers volontaire
L’été que nous venons de vivre, marqué par la violence des flammes dans le Sud-Ouest, ne doit pas être un simple souvenir traumatique, mais un électrochoc. Dans le massif des Landes de Gascogne, notre forêt, poumon vert et pilier économique, a été mise à mal, rappelant cruellement la fragilité de notre écosystème face au changement climatique. Il ne suffit plus de combattre le feu ; il faut l’anticiper radicalement.
La réponse opérationnelle doit évoluer. Il est impératif de sanctuariser notre territoire par une présence aérienne renforcée. Le prépositionnement d’Avions Bombardiers d’Eau (ABE), type Canadair ou Pélican, au plus proche du massif landais de mai à octobre, n’est plus une option, c’est une nécessité vitale. Chaque minute compte dans la lutte contre un départ de feu. L’immédiateté de la riposte aérienne est le seul rempart efficace pour empêcher la catastrophe avant qu’elle ne devienne incontrôlable.
Toutefois, la maîtrise du feu commence au sol. La prévention doit devenir une priorité politique et citoyenne. Cela passe par une politique rigoureuse d’entretien des abords forestiers et de débroussaillage, trop souvent négligée. Parallèlement, nous devons repenser notre résilience hydraulique. L’installation massive de « puits forêt » dans tout le massif des Landes de Gascogne est indispensable pour garantir aux pompiers des ressources en eau stratégiques et autonomes, là où les réseaux traditionnels sont absents.
La force de notre dispositif repose enfin sur l’humain. Nos sapeurs-pompiers volontaires, héros du quotidien, sont le cœur battant de la sécurité civile. Il est temps de faciliter leur engagement : les entreprises doivent être davantage incitées à libérer leurs collaborateurs pompiers, sans contrainte, pour renforcer la disponibilité opérationnelle sur le terrain. Enfin, l’État doit lancer un grand plan de recrutement et de formation spécifique « feux de forêt » pour l’ensemble des sapeurs-pompiers. Le risque évolue, nos compétences doivent suivre.
La forêt des Landes n’est pas seulement un espace de production, c’est notre patrimoine commun. Protéger cette richesse demande de la volonté, des moyens et une solidarité nationale sans faille. Il est temps d’agir, avant que le prochain été ne vienne, une fois de trop, mettre notre massif à l’épreuve.