Arrêtons enfin de vivre au-dessus de nos moyens !
Vincent Saulnier, Maire de la commune déléguée de Château-Gontier Bazouges, Adjoint aux finances et Vice-président du Conseil départemental de la Mayenne
« La France vit au-dessus de ses moyens ». Force est de regretter que, 50 ans plus tard, la formule de Raymond Barre garde toute son actualité. Résultat de cette absence d’équilibre budgétaire de l’État, une dette cumulée de 3 595 milliards d’euros au 30 juin 2026 : 119% du PIB, 121,7% en 2027 !
Le double de la limite européenne de 60% ! La charge de la dette est passée, en vingt ans, de 39 à 78 milliards d’euros. Premier budget de la nation, avant l’éducation et la défense.
La crise de la dette est désormais là ! Les taux d’intérêt sont suivis comme le lait chaud, mais le feu paraît incontrôlable sous la casserole. L’ébullition annonce le débordement avant même avril 2027. La France cultive aveuglément sa dette souveraine, détenue à 60% par des investisseurs étrangers. La France est en faillite, mais continue à émettre des chèques en bois. La lâcheté, l’immobilisme, l’impôt systémique, l’infantilisation des partenaires sociaux, l’asphyxie des collectivités locales balisent les mauvaises potions du prochain budget « réversible », concocté par Bercy.
Dans ce climat de tensions toxiques, le besoin de changement grandit. La France se fatigue et s’impatiente. La tentation chimérique de la présidence providentielle semble s’emparer du pays. Les promesses d’« une prière ou d’un bourre-pif », portées par les duellistes populistes, amusent funestement médias et réseaux sociaux, mais fragilisent durablement notre modeste soutenabilité financière.
Afin que les trois « espoirs » du bloc central ne deviennent pas des « pieds nickelés », mais accélèrent réellement le retour d’une coopération responsable, engageons-nous, dès maintenant, partout, des tours aux centres-bourgs, en « mécanos de la République », dans nos engagements publics et associatifs, à porter une rupture d’organisation, dont le premier principe, simple, courageux et crédible, est l’obligation de l’équilibre budgétaire. Cette règle d’or financière des collectivités doit s’imposer dès 2027 aux budgets de l’État comme de la Sécurité sociale. Arrêtons enfin de vivre au-dessus de nos moyens !