Eau, l’urgence d’agir !

Philippe Henry, Vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire en chargé de l’Environnement et de l’Énergie, et Maire de Château-Gontier-sur-Mayenne (53)

L’eau, ressource vitale, est aujourd’hui soumise à des pressions sans précédent : le changement climatique, l’urbanisation et les activités économiques menacent à la fois sa quantité et sa qualité.

En 2026, les sécheresses répétées ont altéré les eaux de surface et ont augmenté les prélèvements sur les nappes phréatiques (61 % des points sous les normales, selon le Bureau de recherches géologiques et minières, BRGM). Malgré tous les efforts consentis pour rendre les sols plus infiltrants et lutter contre les pollutions diffuses, il est urgent d’amplifier nos actions.

Simultanément, le conflit d’usage s’intensifie entre l’agriculture (50 % des prélèvements), l’industrie, la défense incendie et la consommation domestique. La loi d’urgence agricole et la révision des SDAGE (Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux) illustrent cette tension : les élus locaux doivent désormais intégrer les impacts socio-économiques, tout en préservant la ressource en quantité et en qualité.

Les élus locaux et les collectivités sont en première ligne pour reméandrer nos cours d’eau, rétablir des zones humides, replanter des haies et ainsi ralentir le ruissellement pour une meilleure infiltration…

Il leur faut aussi protéger les captages (forages souterrains pour l’alimentation en eau potable) et éviter que le coût de la dépollution de ces eaux (pesticides, nitrates…) ne pèse demain sur la facture du contribuable. Les élus ont un rôle clé : fédérer les acteurs (agriculteurs, industriels, citoyens, propriétaires fonciers) autour de solutions durables.

Il faudra aussi se doter d’une gouvernance à la taille des enjeux et ainsi faire écho à ce qu’affirme Jean-Louis Borloo pour un choc de réorganisation !

La crise de l’eau n’est pas une fatalité. Elle exige une mobilisation immédiate et une coopération renforcée. En s’appuyant sur l’expertise des élus locaux et des techniciens, il est possible de garantir un accès équitable à une eau de qualité, tout en préservant cette ressource pour les générations futures. L’eau est un bien commun : sa gestion doit l’être aussi.