Conflit au Moyen-Orient : un basculement stratégique
Olivier Cadic, Sénateur des Français établis hors de France
Ce que nous vivons au Moyen-Orient n’est pas une crise de plus. C’est un basculement stratégique. Depuis le 28 février 2026, un conflit ouvert oppose les États-Unis et Israël à l’Iran, marquant la fin de plusieurs décennies d’affrontements indirects. Nous sommes entrés dans une guerre d’escalade régionale qui menace l’équilibre mondial.
Ce conflit ne surgit pas de nulle part. Depuis la révolution islamique de 1979, le régime iranien a fait de l’hostilité envers Israël un pilier de sa politique étrangère en s’appuyant sur des relais armés : le Hezbollah au Liban, le Hamas dans la bande de Gaza, des milices irakiennes ou encore les Houthis au Yémen, afin de projeter sa puissance. À cette stratégie s’ajoute le programme nucléaire iranien, menace existentielle pour Israël et les États-Unis. C’est cette combinaison qui a conduit à la rupture actuelle.
Le conflit déborde désormais largement ses protagonistes initiaux. Les frappes iraniennes ont touché le Qatar, producteur de 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial, et ciblé les Émirats arabes unis à hauteur de 40 % des attaques. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial, est devenu un point de tension critique. Le risque d’un choc économique mondial est bien réel.
Au Liban, le Hezbollah a pris la décision unilatérale d’entrer dans le conflit, entraînant un pays dont ni les autorités ni la population ne voulaient cette guerre. Ses opérations sont aujourd’hui dirigées par les gardiens de la révolution iranienne. Cela dit tout de la perte de souveraineté, et de l’impasse politique. Je pose la question directement : peut-on appeler au respect de la souveraineté libanaise sans appeler à la dissolution du Hezbollah, aux ordres d’une puissance étrangère ?
Derrière ces équilibres géopolitiques, il y a nos compatriotes, près de 400 000 Français dans la région. 70 % sont restés. Ils ne fuient pas, ils tiennent, ils s’organisent. Je veux leur dire : « la France est à vos côtés ». Je souhaite également rendre hommage à l’adjudant-chef Arnaud Frion, mort pour la France, et à ses frères d’armes blessés.
La France revendique d’être une puissance. Elle ne peut pas se contenter d’observer.