Conflit au Moyen-Orient : les actions françaises
Laurent Mazaury, Député des Yvelines, membre de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale et Conseiller municipal d’Élancourt (78)
Le Moyen-Orient ne brûle plus seulement, il menace de détruire durablement le fragile équilibre planétaire. Le conflit impliquant l’Iran a franchi ce seuil critique où l’affrontement local devient une onde de choc mondial.
Nous assistons à une guerre déclenchée unilatéralement, sans que la France, membre permanent du Conseil de sécurité et puissance nucléaire, n’ait été consultée, ni même informée. Une guerre décidée sans les Européens. Une guerre méprisant le droit international. Une guerre à contretemps du sacrifice d’une partie du peuple iranien, motivé à se rebeller à mains nues il y a quelques mois, jeté en pâture devant les armes des gardiens de la Révolution.
Derrière les analyses froides, il y a des peuples pris en otage en Iran, en Israël, au Liban, en Irak et tous les pays du Golfe. Et il y a le Major Arnaud Frion, mort pour la France, et ses six collègues blessés en mission pour aider les Peshmergas irakiens.
La France doit porter une voix forte : celle de la désescalade exigeante, du droit international qui ne se négocie pas, des couloirs humanitaires qui ne doivent plus être des promesses mais des réalités de terrain. Une stratégie de puissance, pas de suivisme.
La question maritime est aujourd’hui centrale. La mission européenne Aspides, dernier rempart de la liberté de circulation en mer Rouge, est un succès opérationnel réel ; j’ai pu en témoigner dans un rapport récent. Mais si nous sécurisons l’entrée de la mer Rouge tout en laissant le détroit d’Ormuz basculer, notre stratégie s’effondre. Ces 56 kilomètres concentrent 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz naturel liquéfié. C’est un pistolet sur la tempe de l’économie mondiale.
Je formule trois propositions :
- étendre le périmètre d’Aspides jusqu’à Ormuz,
- renforcer nos moyens navals avec nos partenaires européens, et
- accélérer notre souveraineté énergétique.
Chaque crise nous hurle la même vérité : notre dépendance aux énergies est une vulnérabilité stratégique. Le nucléaire relancé est un premier pas, mais il faut aller plus loin, plus vite, plus fort.
La France a les moyens d’agir. À condition de conjuguer lucidité stratégique et courage politique. Nous ne devons plus subir.