Congé de naissance : une avancée sociale majeure à faire vivre dans la durée
Rita Demblon-Pollet, Conseillère départementale déléguée à la famille et Secrétaire nationale UDI à l’enfance
Dans un contexte marqué par une baisse continue de la natalité en France, la question de l’accueil et de la garde du nourrisson constitue une préoccupation majeure pour l’ensemble des familles. C’est dans cette perspective que, à compter du 1er janvier 2026, un nouveau congé de naissance a été créé dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, définitivement validé par le Parlement le 16 décembre 2025.
Ce dispositif entend répondre à une inquiétude largement partagée, en sécurisant les premiers mois de vie de l’enfant et en apportant un soutien renforcé aux parents au moment où les équilibres familiaux sont les plus fragiles.
Ce nouveau congé permet une conciliation plus juste entre vie professionnelle et vie familiale. En offrant à chaque parent la possibilité de prolonger sa présence auprès du nouveau-né pendant une période clé, il reconnaît pleinement l’importance des premiers mois de vie dans le développement de l’enfant. La souplesse prévue dans son utilisation permet aux parents d’organiser leur congé en fonction de leurs contraintes et de leurs besoins, sans rigidité excessive.
L’amélioration de l’indemnisation constitue un progrès déterminant. Avec une prise en charge atteignant 70 %, puis 60 % du salaire net, ce congé devient réellement accessible. Il rompt avec un congé parental souvent vécu comme financièrement dissuasif et favorise une implication plus équilibrée des deux parents. En incitant les pères à s’engager dès la naissance, il participe à la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes.
Ce temps parental renforcé joue également un rôle essentiel pour la santé mentale des parents et la qualité du lien avec l’enfant. Une présence prolongée réduit la pression liée à une reprise rapide du travail et contribue à prévenir certaines situations de fragilité. Pour les familles les plus modestes, il constitue un soutien concret face aux contraintes économiques.
Cette avancée ne doit toutefois pas masquer plusieurs points de vigilance. Des disparités pourraient persister selon les statuts professionnels et la mise en œuvre devra tenir compte de l’impact financier pour la Sécurité sociale comme pour les entreprises. La simplicité des démarches sera décisive afin d’éviter le non-recours, tout comme un travail sur les pratiques professionnelles pour que la prise de congé ne soit pas pénalisante.
Ce nouveau congé de naissance représente une avancée sociale majeure. Sa réussite dépendra de son accessibilité réelle, de sa lisibilité pour les familles et de l’engagement collectif à en faire un levier durable de confiance et de solidarité.