Doublement du tunnel du Mont-Blanc : pourquoi refuser le retour du tout-routier dans nos vallées alpines ?

Éric Fournier, Conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes délégué à l’air, au climat et à l’énergie

En tant qu’élu régional et ancien maire de Chamonix, je connais les enjeux du tunnel du Mont-Blanc. Je connais son importance pour les échanges entre la France et l’Italie. Je connais aussi les contraintes très fortes qu’il fait peser sur notre vallée, sur ses habitants, sur la qualité de l’air et sur l’équilibre fragile de nos territoires de montagne.

C’est pourquoi la relance de l’hypothèse d’un second tube, évoquée début juin par le vice-président du gouvernement italien Antonio Tajani, ne peut rester sans réponse claire de la France.

Bien sûr, l’argument de la sécurité doit être entendu. Le tunnel du Mont-Blanc est un ouvrage ancien, stratégique, qui doit continuer à être rénové, modernisé et sécurisé. Mais sécuriser l’existant ne signifie pas créer une nouvelle capacité routière.

 

Je le dis clairement : le doublement du tunnel du Mont-Blanc n’est pas une réponse adaptée. Il risquerait au contraire d’encourager une augmentation durable du trafic, notamment de poids lourds, dans une vallée déjà fortement contrainte.

 

Notre responsabilité est de préparer l’avenir, pas de prolonger les logiques d’hier. La coopération franco-italienne est essentielle, mais elle doit nous permettre d’organiser progressivement le report modal vers le rail, de développer des alternatives crédibles au tout-routier et de mieux protéger les vallées alpines.

C’est tout le sens du soutien à la liaison transalpine Lyon-Turin, qui doit permettre de transférer davantage de marchandises de la route vers le ferroviaire, tout en maintenant les échanges économiques indispensables entre nos deux pays.

Protéger nos montagnes, ce n’est pas fermer la porte à l’Italie. C’est au contraire défendre une coopération plus durable, plus responsable et plus cohérente avec les objectifs de transition écologique.

C’est dans cet esprit que, avec le groupe UDI, Centristes et Apparentés, nous avons présenté lors de la session du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes du 25 juin un vœu demandant au Gouvernement français de réaffirmer clairement son opposition au doublement du tunnel du Mont-Blanc.

Notre ligne est simple : oui à la sécurité, à la modernisation de l’ouvrage existant, au rail et au report modal. Non au doublement du tunnel du Mont-Blanc.