Écoles rurales : plutôt que subir le déclin, construisons l’avenir

Laurent Darthou, Maire de Malemort (19), Vice-président de l’agglomération de Brive et Conseiller départemental de Corrèze

 

Chaque rentrée scolaire relance le même débat : fermetures de classes, baisse des effectifs, réorganisation de la carte scolaire. Regardons les faits avec lucidité.

Cette situation est d’abord la conséquence d’une baisse durable de la natalité à l’échelle nationale, liée à l’évolution des modes de vie et des politiques familiales. Et, avec un peu d’humour, rappelons que ce sont les mères qui font les bébés et non les maires ! En revanche, ils doivent assumer les conséquences de cette évolution démographique.

 

C’est précisément là que commence leur responsabilité.

 

La meilleure réponse n’est pas seulement de contester les fermetures de classes. C’est de rendre nos communes attractives. Cela passe par la rénovation des centres-bourgs, la reconquête des logements vacants, le recyclage des friches, le soutien au commerce de proximité, le développement de l’emploi et une politique ambitieuse de construction de logements. Une commune qui accueille des familles est une commune qui préserve durablement ses écoles.

 

Nous devons également anticiper le renouvellement démographique. Dans de nombreux territoires ruraux, une part importante des propriétaires est aujourd’hui âgée. Les mutations à venir doivent être préparées afin d’attirer de nouveaux habitants en tenant compte des restrictions imposées dans les SCoT et les PLU.

 

Les élus doivent aussi entretenir un dialogue exigeant avec l’Éducation nationale. Les impératifs de rationalisation doivent rester compatibles avec des conditions d’enseignement de qualité. Alors que les difficultés scolaires progressent, les effectifs ne peuvent constituer le seul critère de décision. Les fermetures doivent être anticipées, expliquées et, lorsque c’est nécessaire, négociées avec fermeté.

 

Préserver les écoles rurales suppose également de limiter les dérogations scolaires aux seuls cas prévus par la loi. Fragiliser les petites écoles périphériques, souvent organisées en classes multiniveaux, reviendrait à affaiblir durablement la vitalité de nos villages.

 

Enfin, investir dans les écoles demeure indispensable. Les bâtiments doivent être adaptés au changement climatique, aux nouvelles pratiques pédagogiques et à l’école inclusive. L’accompagnement des élèves en situation de handicap, le renforcement des AESH et la possibilité d’interventions de professionnels de santé directement dans les établissements répondent aux besoins des familles tout en limitant les déplacements inutiles pendant le temps scolaire.

 

L’école reste le cœur battant de nos territoires. La défendre, c’est préparer leur avenir.