Éducation : retrouver le cap et donner les moyens de réussir

Sébastien Morin, Adjoint au maire d’Aulnay-sous-Bois délégué à l’éducation et à la réussite éducative et Conseiller territorial

 

L’École de la République reste l’un des fondements de notre société.

Elle doit permettre à chaque enfant, quels que soient son parcours et son territoire, de construire son avenir.

Pourtant, notre système éducatif traverse aujourd’hui une période de fortes tensions.

Réformes successives, à peine le temps de mettre en œuvre une réforme qu’une nouvelle vient déjà apporter son lot de modifications, changements de cap et succession de ministres ont parfois créé de l’instabilité et un manque de visibilité.

Sur le terrain, les attentes sont concrètes : une formation mieux adaptée, davantage de moyens pour l’inclusion, une réponse à la pénurie d’AESH, de meilleures conditions de travail, mais aussi une rémunération et une reconnaissance à la hauteur des responsabilités des enseignants.

 

À l’approche de l’élection présidentielle, les premières promesses et les premiers engagements affluent déjà.

 

Les personnels attendent moins de nouvelles annonces que des engagements tenus dans la durée, avec de la stabilité et de la visibilité et des moyens réellement adaptés aux besoins.

 

La comparaison européenne doit également nous interpeller. La France consacre des dépenses importantes à son système éducatif : 197,1 milliards d’euros en 2024, soit 6,8% du PIB. Pourtant, les attentes sur le terrain et les résultats continuent de nous questionner.

 

Mais l’Éducation nationale ne peut être regardée uniquement depuis Paris. Les collectivités territoriales sont le deuxième financeur de l’éducation, avec 23% de la dépense totale soit près de 45 milliards d’euros. Dans le premier degré, leur contribution atteint même 38 %.

 

Derrière ces chiffres, il y a une réalité très concrète : communes, départements et régions financent et entretiennent les bâtiments, les équipements mais aussi le numérique, les fournitures, la restauration, les transports, les activités sportives et culturelles, l’accompagnement aux séjours classes de découverte… Elles rémunèrent également de nombreux personnels indispensables au quotidien des établissements.

 

Cet effort représente une part importante des budgets locaux et ne peut être considéré comme allant de soi. Il traduit un choix politique : celui de faire de la réussite éducative une priorité et d’agir au plus près des élèves et des familles.

L’enjeu est donc désormais de retrouver un cap national tout en reconnaissant pleinement le rôle des territoires : donner de la stabilité à l’École, mieux accompagner les enseignants, renforcer l’inclusion et garantir aux collectivités les moyens de poursuivre leur engagement.

 

Souhaitons à l’ensemble des acteurs une belle rentrée 2026, riche de projets, au service de la réussite et de l’épanouissement de chaque enfant pour préparer l’avenir.