Face au dérèglement climatique, faisons confiance aux territoires
Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne, Président du groupe de travail Grand âge au sein des Départements de France, Conseiller municipal de Changé et Vice-président de l’UDI
Les épisodes caniculaires que connaît actuellement notre pays nous rappellent une évidence : le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui transforme déjà notre quotidien. Derrière les records de température, ce sont des fragilités humaines qui apparaissent. Et parmi elles, celle de nos aînés mérite une attention particulière.
Les personnes âgées sont les premières exposées aux conséquences sanitaires des fortes chaleurs. Déshydratation, aggravation de pathologies chroniques, isolement : chaque épisode caniculaire révèle la vulnérabilité d’une partie de notre population. À mesure que le vieillissement démographique s’accélère, cette question devient un enjeu majeur de cohésion sociale et d’aménagement du territoire.
Face à ces défis, les départements sont en première ligne. Ils financent l’autonomie, accompagnent les services d’aide à domicile, soutiennent les établissements accueillant des personnes âgées et coordonnent l’action sociale au plus près des besoins. Ce sont les élus locaux, les professionnels du médico-social, les associations et les communes qui, concrètement, identifient les personnes isolées, organisent les solidarités et apportent des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire.
Cette expérience de terrain doit être davantage reconnue. Trop souvent, notre pays répond aux crises par une accumulation de normes, de procédures et de dispositifs conçus depuis Paris. Or l’adaptation au changement climatique exige précisément l’inverse : davantage de confiance, davantage de souplesse et davantage de responsabilités accordées aux collectivités.
L’État a naturellement un rôle essentiel à jouer. Mais il doit être un État stratège, qui fixe les objectifs, garantit l’égalité entre les territoires et mobilise les moyens nécessaires. Il ne peut pas être un État gestionnaire qui prétend piloter depuis le centre des réalités profondément différentes selon que l’on vive dans une métropole, une ville moyenne ou un territoire rural.
L’adaptation de nos logements constitue à cet égard un défi majeur. Une part importante du parc résidentiel occupé par des personnes âgées reste insuffisamment préparée aux fortes chaleurs. Les collectivités sont prêtes à agir, mais elles ont besoin d’une visibilité de long terme et de financements stables pour accompagner les rénovations indispensables.
Le défi climatique appelle une réponse collective. Pour être efficace, celle-ci devra s’appuyer sur ceux qui connaissent le mieux les besoins de nos concitoyens : les territoires. C’est au plus près du terrain que se construit la résilience de demain.