Feux en Gironde, quand un territoire souffre…
Hervé Bonnaud, Premier adjoint au maire du Haillan (33) [ndlr. ville évacuée] et Président départemental de l’UDI Gironde
Je veux d’abord avoir une pensée pour Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, deux jeunes sapeurs-pompiers morts en accomplissant leur devoir. Leur engagement force le respect et nous oblige.
En Gironde, la forêt n’est pas un décor. Elle fait partie de notre identité, de nos paysages, de notre économie et de notre histoire commune. La voir brûler touche quelque chose de profond.
Ces incendies, répétitifs, nous rappellent que nous ne sommes plus face à des épisodes exceptionnels, mais à une réalité qui s’installe. Nous pensions avoir tiré les leçons des mégafeux de 2022. Pourtant, une nouvelle fois, la Gironde et les Landes sont durement touchées.
Derrière les milliers d’hectares détruits, il y a surtout des vies bousculées, des communes évacuées, des familles inquiètes, des agriculteurs, des entreprises, des élus, des agents publics, des bénévoles, et des femmes et des hommes mobilisés pour contenir le feu.
Dans cette épreuve, la solidarité girondine s’est montrée à la hauteur. Le monde agricole, les sapeurs-pompiers, les forces armées, les forces de sécurité, les collectivités, Bordeaux Métropole, et de nombreux citoyens ont répondu présent. Dans ces moments-là, les clivages passent au second plan. Il reste l’essentiel pour sauver toutes vies et protéger nos territoires.
Le changement climatique transforme déjà nos massifs forestiers. Leur adaptation, le morcellement de la propriété forestière, leur entretien et les moyens de prévention ne peuvent plus rester secondaires. Ils doivent devenir des priorités publiques, construites avec les acteurs de terrain, les forestiers, les scientifiques, les élus.
Cette crise dit aussi quelque chose de notre responsabilité collective. Prévenir les incendies, entretenir les massifs, soutenir nos services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), cela ne peut pas attendre que les flammes soient là.
La réponse doit être claire, accompagner celles et ceux qui nous protègent, investir dans la prévention, la pédagogie et construire, avec les territoires, une vraie stratégie d’adaptation.
L’urgence finira par passer. Viendra ensuite le temps de la reconstruction, des conséquences économiques, du soutien aux communes et des décisions politiques. Nous devrons alors dépasser l’émotion, sans polémique inutile, pour tirer les leçons de cette crise et mieux préparer l’avenir.