Finances publiques : une alerte suffisante ?

Vincent Delahaye, Sénateur de l’Essonne, membre de la commission des finances du Sénat, Conseiller municipal de Massy (91) et Secrétaire national UDI aux finances publiques

 

Le comité d’alerte des finances publiques s’est tenu le 21 avril dernier avec cinq ministres présents, dont notre chère Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

Même si peu d’éléments nouveaux ont été apportés par rapport à ce que la presse avait déjà révélé, c’était l’occasion de souligner la réactivité du gouvernement par rapport à la crise, sa volonté de compenser les nouvelles dépenses par des économies et de cibler les aides pouvant être accordées. C’est nouveau et cela mérite d’être relevé.

 

L’augmentation des prix du pétrole liée à la guerre en Iran tire la croissance à la baisse, l’inflation à la hausse et les taux d’intérêt aussi.

 

L’impact global de la crise est aujourd’hui estimé à six milliards d’euros, dont :

+3,6 liés aux intérêts de la dette

+1 aux interventions militaires extérieures (sans détail, malheureusement)

+1 liés à l’indexation des prestations sur une inflation qui augmente

+0,4 des mesures de soutiens ciblés (pêcheurs, agriculteurs…)

 

Ces pertes devraient être couvertes par des économies à hauteur équivalente qui seraient réparties à hauteur de quatre milliards d’euros pour l’État et deux milliards pour la Sécurité sociale. Nous n’avons malheureusement pas eu d’information sur le détail de ces économies.

 

Que penser de ces annonces ?

  1. Le gouvernement demeure plutôt optimiste sur les impacts de la crise. Il est vraisemblable, malheureusement, que les économies à réaliser soient supérieures à six milliards si l’on veut ne pas dégrader le déficit.
  2. Les décisions prises pour faire adopter le budget 2026, notamment la suspension de la réforme des retraites et l’indexation sans discernement de l’ensemble des prestations, ne vont pas dans le bon sens et viennent aggraver une situation déjà peu reluisante.

 

La situation politique actuelle ne permet pas de mettre en œuvre des réformes structurelles qui dégageraient de vraies économies en dépense. La préparation du budget 2027 ne s’annonce pas favorable à une politique de réduction de la dépense publique dont notre pays a pourtant bien besoin pour mieux se porter économiquement et donc socialement. Seule une nouvelle majorité courageuse, hardie et responsable pourrait relever le défi. Peut-être en 2027 ?