La France frappée par la dénatalité
Constance de Pélichy, Députée du Loiret, Présidente de la mission d’information à l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité et Conseillère régionale Centre-Val de Loire
Après plusieurs mois d’auditions et de consultations pour la mission d’information à l’Assemblée nationale sur la baisse de la natalité, le constat est clair : les Français veulent toujours des enfants, mais en accueillir devient de plus en plus difficile.
Les freins sont nombreux : incertitudes face à l’avenir, difficultés d’accès au logement, pénurie de modes de garde, multiplication des espaces dits « no kids ».
Ces constats m’ont conduit à chercher des solutions concrètes.
D’abord, instaurer un congé universel de naissance de 38 semaines, ouvert aux deux parents et pouvant être pris séparément ou simultanément. Les premiers mois de la vie sont décisifs pour le développement de l’enfant et l’équilibre familial. Je propose un congé indemnisé à hauteur de 80% comprenant des périodes obligatoires : deux semaines avant la naissance et quatre semaines après pour la mère et deux semaines après pour le père. Cette mesure s’inscrit dans les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui souligne l’importance d’un accompagnement parental renforcé dès la naissance.
Ensuite, garantir un véritable droit à un mode de garde doit devenir une priorité. Un parent sur cinq ne trouve pas de solution d’accueil. Il faut changer d’échelle en permettant aux départements de piloter ses missions, mais aussi développer les maisons d’assistantes maternelles.
Le logement constitue également un frein majeur. La création d’un “Prêt à Taux Zéro Famille” de 100 000 euros, accessible de la déclaration de grossesse aux cinq ans de l’enfant, permettrait d’aider les familles à s’installer durablement.
Enfin, la lutte contre l’infertilité doit être renforcée. Il apparait nécessaire de garantir un accès équitable à la parentalité, notamment en renforçant les moyens humains et matériels, mais aussi développer une politique nationale d’information sur la fertilité.
Soutenir la natalité exige un portage politique clair et lisible. Je plaide ainsi pour un ministère de la Famille et de l’Enfance capable de coordonner ces politiques.
À travers cela, je souhaite redonner sa place à la famille.
Redonner les moyens à la natalité est un choix d’avenir pour réenchanter l’enfance.