Inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap : en faire une réalité, même dans les territoires

Monique Gibotteau, Vice-présidente du Conseil départemental du Loir-et-Cher chargée de la solidarité liée à l’autonomie, au handicap et aux aides à domicile

 

Lundi dernier, la Cour des comptes a rendu public son rapport sur la politique en faveur de l’inclusion dans l’emploi des personnes en situation de handicap. La politique d’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap progresse, mais reste encore trop éloignée de ses ambitions. Les constats dressés sont connus : pilotage éclaté, coordination insuffisante des acteurs, inégalités territoriales persistantes, manque de moyens pour accompagner durablement les parcours. Ces analyses sont justes. Elles ne nous apprennent cependant rien de fondamental à celles et ceux qui, sur le terrain, agissent chaque jour.

 

Car l’inclusion dans l’emploi des personnes en situation de handicap est avant tout une compétence partagée. Elle engage l’État, les collectivités, les employeurs, les acteurs de l’emploi, de la santé et du médico-social. C’est précisément ce que vient réaffirmer la loi pour le plein emploi : lisser les inégalités territoriales, favoriser l’accès à l’emploi pour toutes et tous, et renforcer l’indispensable harmonisation interministérielle et partenariale.

 

Dans le Loir-et-Cher, nous avons fait le choix de bâtir un socle commun entre autonomie et insertion, inscrit au cœur de notre Schéma départemental des solidarités, coconstruit avec de nombreux partenaires (l’ARS, Cap emploi, les missions locales et les acteurs associatifs). Notre conviction est simple : chaque personne doit bénéficier d’un accompagnement personnalisé, prenant en compte l’ensemble des freins à l’employabilité.

 

Cela passe par des actions concrètes sur l’habitat, avec une offre diversifiée et adaptée, le développement de solutions intermédiaires et l’appui des services d’accompagnement à la vie sociale ou à domicile. Cela suppose aussi de lever les obstacles liés à la mobilité, à la santé, à la garde d’enfants, ou encore à l’accessibilité financière, afin que l’inclusion ne soit jamais un luxe.

 

Nous devons également agir en amont : dans les collèges, auprès des jeunes avec des dispositifs spécialisés, et auprès des employeurs, artisans et entrepreneurs. Pour éviter l’échec et le mal-être au travail, il est crucial de préparer l’intégration dans l’entreprise, d’accompagner les équipes, de désigner un référent handicap et de l’appuyer.

 

Enfin, la question des établissements ou services d’accompagnement par le travail (ESAT) demeure cruciale : le manque de places, les délais d’attente et la difficulté à maintenir les acquis appellent des réponses coordonnées et des moyens renforcés.

 

La loi « plein emploi » porte beaucoup d’espoirs. À condition qu’elle s’accompagne de moyens réels, qu’elle ne fragilise pas des acteurs clés, comme les missions locales, et qu’elle reconnaisse pleinement le rôle des territoires. C’est à ce prix que l’inclusion professionnelle cessera d’être un objectif affiché pour devenir une réalité vécue.