Inondations en Indre-et-Loire, dans la Vienne et l’Yonne

Inondations en Indre-et-Loire

Patrick Michaud, Maire de Veigne et Vice-président départemental d’Indre-et-Loire

Ce week-end de Pâques a marqué la France, et tout particulièrement l’Indre-et-Loire, par une crise inhabituelle due à des précipitations exceptionnelles. Cette situation n’a pas seulement été remarquable par son ampleur — nous n’avons, après tout, pas atteint les niveaux de 1982 ou de 2016 — mais surtout par sa soudaineté et sa rapidité.

Face aux inondations qui ont affecté de nombreuses communes, notamment dans le sud de notre département, l’engagement immédiat et spontané des maires, élus, agents communaux et départementaux, ainsi que des services de l’État — en particulier de M. le préfet — et des services de secours, a été notable. Ce, malgré le fait que beaucoup avaient prévu de prolonger leur week-end. La solidarité manifestée entre les maires, facilitée par l’association des maires d’Indre-et-Loire, mérite également d’être soulignée.

En tant que maire, je constate que ces catastrophes soulignent combien il est vital d’avoir un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) pour assurer l’information et la prise en compte des personnes affectées, surtout durant un week-end prolongé. Cela révèle aussi l’importante nécessité d’une bonne coordination, de la circulation efficace des informations et d’une surveillance accrue sous l’égide du préfet. Enfin, cela met en lumière l’importance d’avoir un réseau solide de contacts et des moyens d’accès pour sauvegarder les espaces transférés à la communauté de communes.

De même, en tant que vice-président en charge des routes au conseil départemental, je souligne l’importance de connaître les routes fermées à la circulation en temps réel. Il est crucial d’assurer, via des patrouilles, que la signalisation reste en place, même face à des actes de malveillance visant à retirer les panneaux. Cette vigilance est capitale pour la sécurité des personnes et permet des décisions cruciales telles que l’évacuation des habitants, des établissements pour personnes âgées, ou des écoles, basées sur des informations constamment mises à jour et communiquées via des flashes d’information aux élus.

En conclusion, offrir une formation aux jeunes élus sur la gestion des crises et organiser des journées d’échange de pratiques s’avèrent indispensables.

Crues dans la Vienne : la fragilité du système de prévention.

Jérôme Neveux, Maire de Jaunay-Marigny et Conseiller départemental de la Vienne

 

La Vienne a été le théâtre de trois jours d’inondations affectant plusieurs communes du département, où les crues ont engendré d’importants dommages. De fortes pluies sur le Limousin, avec 100 mm recueillis en 48 heures (équivalent à deux mois de pluie en deux jours !), ont entraîné une rapide montée des eaux. Notamment, la Gartempe à Montmorillon a vu son niveau passer de 85 cm à 4,65 m, et la Vienne à Châtellerault, de 1,30 m à 5,30 m.

Au total, 200 sapeurs-pompiers ont été déployés et une centaine de gendarmes ont également été mobilisés. Environ 300 habitations ont été impactées, principalement à Montmorillon, Buxeuil, et La Roche-Posay, avec 150 personnes évacuées et relogées, notamment à Montmorillon et Buxeuil. Saluons l’efficacité des services de secours et de sécurité au bénéfice des populations, ainsi que la réactivité des services préfectoraux.

Cependant, au-delà du phénomène lié au dérèglement climatique, ces crues ont révélé la vulnérabilité du système de prévision Vigicrues. Créé en 2006, ce dispositif est le service public de référence pour l’information sur les risques de crues en France. Placé sous l’égide du ministère de l’Écologie, il informe (normalement) des risques de débordement pouvant survenir avec une surveillance continue, 24h/24, des principaux cours d’eau du pays, couvrant 23 000 km. Sa mission consiste à alerter les préfectures, les mairies, mais aussi les médias et le grand public, sur les risques de crue dans les 24 heures à venir. La question de la précision des prévisions de Vigicrues et de Météo France se pose aujourd’hui, ainsi que celle de l’ampleur du phénomène qui a été sous-estimée. Selon la préfecture, cette sous-évaluation tiendrait sa cause dans l’état préexistant des sols, déjà gorgés d’eau.

De nombreux habitants ont aussi signalé n’avoir pas reçu, ou reçu tardivement, le SMS d’alerte du dispositif FR-Alert, qui permet de prévenir en temps réel toute personne détentrice d’un téléphone portable de sa présence dans une zone de danger et de l’informer des comportements à adopter pour se protéger.

Il convient à l’évidence d’améliorer ces dispositifs indispensables à la sécurité de nos concitoyens.

L’Yonne sous les eaux

Sébastien Dolozilek, Maire-adjoint d’Auxerre (Yonne)
Kevin Legendre-Boniface, Conseiller municipal de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne)

L’eau est une ressource aussi essentielle qu’elle peut être cruelle. Essentielle, car elle est indissociable de la vie et de l’activité humaine. Cruelle, car elle peut être absente lors des nombreux épisodes de sécheresse que nous connaissons trop souvent, mais aussi trop présente, comme ces jours-ci.

Notre département de l’Yonne est frappé, cette semaine, par de fortes inondations, provoquées par des sols éminemment gorgés d’eau suite aux nombreuses pluies depuis le début de l’année. Le Serein et l’Armançon ont connu des niveaux d’eau proches d’une crue, censée n’arriver que tous les cinquante ans. Or, c’est la seconde fois en onze ans que ce seuil est franchi.

Nous avons une pensée, bien sûr, pour les sinistrés. Nous tenons à saluer le travail des services de secours, de l’État, ainsi que le rôle des maires et de leurs conseils, premiers remparts pour nos concitoyens face à ces événements climatiques désormais réguliers.

Ces épisodes climatiques doivent nous interpeller et nous obliger, par exemple, à observer une meilleure gestion de cette ressource en eau, d’un meilleur usage au stockage des eaux de pluie, lorsque les nappes phréatiques sont remplies et les sols gorgés d’eau.