Liban pris dans l’engrenage
Nadia Chaaya, Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Étranger et Présidente du groupe des Indépendants
Le Liban traverse une crise sans précédent. Effondrement économique, fragilité institutionnelle et tensions sécuritaires s’entrelacent, plongeant le pays dans une profonde incertitude et menaçant la stabilité régionale.
La monnaie s’est effondrée, le chômage explose, les services publics se dégradent et la population vit dans une angoisse quotidienne.
Dans ce contexte, la stabilité du Liban dépasse ses frontières. Situé au cœur du Moyen-Orient, le pays occupe une position stratégique à la croisée des influences politiques et sécuritaires. Toute déstabilisation interne peut rapidement nourrir des tensions régionales.
L’effondrement économique et social alimente également les flux migratoires et fragilise les équilibres des pays voisins.
Sur le plan sécuritaire, un Liban affaibli accroît les risques d’escalade, tandis qu’un État stable contribue à préserver un équilibre régional déjà précaire.
Élue à l’Assemblée des Français de l’Étranger pour l’Asie centrale et le Moyen-Orient, membre de la commission de la sécurité et présidente du groupe Les Indépendants, je mesure chaque jour l’urgence d’agir.
Les Français établis dans la région observent avec inquiétude le délitement de l’État libanais et ses conséquences humaines et économiques directes.
La reconstruction du Liban repose sur une priorité : restaurer l’État et la confiance. Cela suppose transparence, lutte contre la corruption, réformes institutionnelles et respect de l’État de droit. Mais ces principes doivent se traduire en actes concrets. Les déposants spoliés attendent réparation. Les familles des victimes de l’explosion du port de Beyrouth exigent justice. Sans justice économique et pénale, aucune reconstruction crédible ne sera possible.
Sur le plan sécuritaire, le renforcement de l’armée libanaise est indispensable pour garantir la souveraineté du pays et la protection de sa population. Une armée solide constitue également un signal de stabilité pour la communauté internationale et les investisseurs.
Le Liban dispose d’atouts considérables : une population résiliente, une économie aux multiples ressources et une diaspora engagée. Ce potentiel ne pourra se concrétiser qu’à condition d’un engagement politique clair et d’un soutien international cohérent, respectueux de la souveraineté du pays.
Agir est une urgence. Le Liban peut se relever, mais seulement si justice, réformes et solidarité internationale avancent de concert.
C’est dans cet esprit que je continuerai à porter la voix des Français de l’étranger et à soutenir un Liban libre, stable et digne de ses citoyens aujourd’hui.