Mobilisation des pompiers après un été à haut risque

Maxime Viteur, Conseiller municipal et métropolitain de Fleury-les-Aubrais et sapeur-pompier depuis 24 ans

Après un été particulièrement difficile, marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle et des interventions toujours plus nombreuses, les sapeurs-pompiers ont décidé de se mobiliser.

Sapeur-pompier professionnel depuis plus de vingt ans, je connais et vis cette réalité de l’intérieur !

Derrière chaque intervention, il y a des femmes et des hommes qui répondent présents, de jour comme de nuit, avec courage et dévouement. Mais il y a aussi de la fatigue, des risques pour leur santé, des familles qui s’adaptent et, trop souvent, des moyens qui ne suivent plus.

Les risques évoluent, les événements climatiques deviennent plus violents et nos missions se multiplient. Pourtant, les effectifs, les matériels et les financements accordés aux services départementaux d’incendie et de secours ne progressent pas à la hauteur des besoins. Nous ne pouvons pas demander éternellement aux personnels de compenser les manques par leur seule conscience professionnelle.

Les revendications portées sont simples et légitimes : garantir un financement durable des SDIS, renforcer les effectifs, disposer de matériels adaptés, mieux protéger les agents face aux cancers et aux expositions professionnelles, reconnaître enfin la dangerosité et l’usure du métier et offrir de véritables perspectives de carrière.

Il ne s’agit pas de revendications corporatistes. Il s’agit de la qualité du secours que nous devons à chaque citoyen, partout sur le territoire. Pour intervenir rapidement et efficacement, il faut des personnels formés, des véhicules disponibles, des équipements fiables et une organisation qui respecte la santé et le repos de chacun.

La reconnaissance ne peut pas se limiter aux applaudissements après une catastrophe. Elle doit se traduire concrètement : par une retraite adaptée à la pénibilité, le classement des sapeurs-pompiers professionnels en catégorie super-active et une meilleure prise en compte des fins de carrière. N’oublions pas non plus les personnels administratifs, techniques et spécialisés, sans lesquels nos SDIS ne pourraient pas fonctionner.

Comme sapeur-pompier et comme élu local, je resterai pleinement engagé pour défendre notre modèle de Sécurité civile.

Soutenir nos pompiers, c’est protéger ceux qui nous protègent, mais c’est aussi garantir à chaque Français un secours efficace et équitable.

La Sécurité civile de demain se prépare aujourd’hui. Nous devons la construire avec celles et ceux qui la font vivre quotidiennement.