Ormuz, un nom révélateur de la vulnérabilité de notre système de santé face à une chaîne logistique mondialisée !

Yannick Chartier, Adjoint au Maire de Nevers (58) et Conseiller communautaire de l’agglomération de Nevers et Président de la fédération UDI de la Nièvre

 

Le blocage du détroit d’Ormuz ne doit pas être considéré comme un simple épisode géopolitique lointain. Il constitue, au contraire, un signal d’alerte fort pour notre système de santé. Si cette situation devait durer, les chaînes d’approvisionnement des pharmacies hospitalières, mais aussi de ville, pourraient rapidement se tendre, voire se rompre.

Avec elles, c’est la capacité même des acteurs de santé à assurer les soins qui serait fragilisée. Nous sommes devenus vulnérables, trop dépendants de productions externalisées, de matières premières importées et de chaînes logistiques longues, complexes et fragiles. Depuis plusieurs années, les professionnels de santé et les fédérations hospitalières alertent sur ces risques. Aujourd’hui, les faits leur donnent raison.

 

Ce qui se joue dépasse de simples tensions ponctuelles. Ce ne sont pas seulement des médicaments qui pourraient manquer, mais aussi des seringues, des perfusions, des cathéters, etc. Sans eux, il n’y a tout simplement plus de soins possibles. Les prix vont devenir rapidement la variable pour s’approvisionner et, avec des budgets contraints, des marges inexistantes et des stocks limités, combien de temps nos hôpitaux, pierres angulaires de notre organisation sanitaire, pourront‑ils absorber la crise qui arrive ?

 

Cette fragilité n’est pas le fruit du hasard. Nous avons laissé faire progressivement la désindustrialisation de la chimie française, jugée trop polluante et trop coûteuse au regard des exigences environnementales, pour la relocaliser dans des pays aux normes moins contraignantes. Nous avons déplacé les nuisances sans les supprimer, en les faisant peser sur des populations qui n’ont pas le choix de les subir. Il est temps de changer de cap. Reconstruire une souveraineté sanitaire, à l’échelle française et européenne, suppose aussi d’assumer notre part de risque environnemental. Nous avons besoin de décisions industrielles fortes, mais aussi et surtout de décisions politiques durables et visionnaires pour assumer les risques et les nuisances liés à la production de médicaments et de dispositifs médicaux sur notre territoire.

 

Voulons‑nous continuer à subir, ou décider enfin ?