Programmation militaire : bâtir l’armée française de demain

Laurent Mazaury, Député des Yvelines, Co-président du groupe d’études sur les industries de défense à l’Assemblée nationale et Conseiller municipal d’Élancourt (78)

 

La remise à niveau de la Loi de programmation militaire (LPM) constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la crédibilité stratégique de la France et la sécurité de nos concitoyens.

Dans un contexte international marqué par le retour des conflits de haute intensité, la multiplication des menaces hybrides et l’accélération des ruptures technologiques, il est de notre responsabilité d’adapter sans délai nos moyens de défense.

 

Nous défendons une approche à la fois lucide et exigeante : lucide sur l’état réel de nos armées, qui ont été longtemps mises sous tension, et exigeante quant aux engagements que nous devons prendre collectivement. La remontée en puissance engagée ces dernières années va dans le bon sens, mais elle doit être consolidée, accélérée et surtout sécurisée dans la durée.

 

Cette remise à niveau de la LPM ne peut se limiter à une augmentation budgétaire, aussi nécessaire soit-elle. Elle doit aussi porter sur la condition des militaires, sur l’attractivité des carrières, sur la fidélisation des compétences, mais également sur la capacité de notre industrie de défense à répondre rapidement aux besoins opérationnels. La souveraineté passe aussi par notre autonomie industrielle et technologique. Avec une accélération budgétaire historique, le budget 2026 franchit une marche décisive. Nous avons voté une enveloppe de 57,1 milliards d’euros (hors pensions), soit une hausse massive de 6,7 milliards par rapport à l’an dernier. Cette “surmarche” de 3,5 milliards par rapport aux prévisions initiales est le prix de notre indépendance.

 

Les priorités stratégiques de la révision mettent l’accent sur la capacité à durer et à frapper avec précision :

 

  • La bataille de l’équipement : Près de 14 milliards d’euros sont alloués aux programmes majeurs. Cela inclut la commande de missiles de nouvelle génération, le développement de munitions téléopérées et l’accélération de nos capacités en drones.

 

  • Maîtrise des nouveaux espaces : Nous renforçons les investissements dans le spatial militaire et la cyberdéfense, deux domaines où la France doit maintenir son excellence.

 

  • Le réarmement humain : L’objectif de 275 000 personnels d’ici 2030 est réaffirmé, soutenu par la montée en puissance de la réserve opérationnelle (visant 52 000 contrats dès cette année) et l’instauration d’un nouveau service national.

 

Par ailleurs, le Parlement doit pleinement jouer son rôle de contrôle et d’évaluation. Il ne s’agit pas seulement de voter des crédits, mais de s’assurer qu’ils sont utilisés efficacement, au service d’une stratégie claire et cohérente.

 

Face aux incertitudes du monde, la France doit rester une puissance d’équilibre, capable de se défendre, de dissuader et d’agir. C’est dans cet esprit de responsabilité et d’unité nationale que je m’engage pour une LPM à la hauteur des défis de notre temps.