Rentrée 2026 : le constat est là, il est temps d’agir
Nadia Rezana, Secrétaire nationale UDI chargée de l’Éducation nationale et de la réussite éducative et Proviseure
En cette rentrée 2026, alors que les élèves retrouvent le chemin de l’École, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan a publié, ce lundi 31 août, un rapport consacré au niveau scolaire en France.
Le constat est préoccupant. En trente ans, les performances des élèves ont reculé en mathématiques et en orthographe. Les évaluations nationales et internationales révèlent aussi des fragilités persistantes en sciences et dans la maîtrise de la langue. Et le recul touche également les meilleurs élèves : c’est donc bien la capacité de notre système à faire progresser tous les jeunes qui est en question.
Un chiffre doit particulièrement nous alerter : seuls 38 % des enseignants français de collège se déclarent bien ou très bien préparés en pédagogie générale, contre 64 % en moyenne européenne.
On ne peut pas demander toujours davantage aux enseignants sans leur donner les moyens de réussir. Formation, accompagnement et reconnaissance du métier doivent redevenir des priorités.
Pour autant, inutile de chercher un responsable unique. Le niveau scolaire dépend des pratiques pédagogiques, de la formation des enseignants, de leurs conditions d’exercice, de l’organisation de l’École, mais aussi des inégalités sociales et territoriales. La réponse doit donc être globale, mais surtout concrète.
Une politique éducative ne se mesure pas au nombre de dispositifs annoncés, mais à leurs effets dans une classe, un établissement et dans le parcours d’un élève. L’École a besoin de stabilité pour permettre aux personnels de s’approprier les changements, de les évaluer et de les ajuster.
Moins d’empilement, plus de continuité, d’évaluation et de résultats.
La question démographique ouvre également une possibilité nouvelle. D’ici 2035, les effectifs scolaires pourraient diminuer de 15 % dans le premier degré et de 13 % dans le second degré.
Cette baisse ne doit pas être vécue comme une fatalité ni se traduire par un simple ajustement des moyens. Elle peut être une chance historique pour l’École.
Moins d’élèves doit permettre de réinvestir là où les besoins sont les plus forts : savoirs fondamentaux, formation des enseignants, accompagnement des élèves, orientation et égalité des chances.
C’est l’occasion de faire un choix clair : faire de la qualité de l’École une priorité plutôt que de raisonner uniquement en nombre de postes ou d’élèves.
Nous avons besoin d’une École exigeante sur les savoirs, ambitieuse pour chaque jeune et confiante dans ses professionnels. Une École qui prépare aux études et à l’emploi, mais aussi à l’autonomie et à la citoyenneté.
L’exigence n’est pas l’ennemie de l’égalité. Donner à chacun les connaissances et les compétences nécessaires pour construire son avenir est au contraire la première des égalités.
La France comptera demain moins de jeunes. Elle devra donc pouvoir compter davantage sur chacun d’eux : sur leurs savoirs, leurs compétences, leur autonomie et leur capacité à prendre leur place dans la société et à construire l’avenir du pays.
Cette rentrée doit être l’occasion de passer du constat à l’action. Pas pour faire plus. Pour faire mieux.