Réseaux sociaux : une menace bien réelle pour les moins de 15 ans
Armelle Juliard-Gendarme, Présidente de la commission des sports, de la citoyenneté et de la vie associative à la région Île-de-France et Adjointe au maire de Boulogne-Billancourt (92)
Les réseaux sociaux sont entrés dans nos vies pour le meilleur et pour le pire. Quel adulte n’a pas le réflexe d’y jeter un œil furtif sans même s’en rendre compte ? Les algorithmes des réseaux accompagnent souvent notre quotidien.
Si ces comportements peuvent nous paraitre problématiques quand ils prennent trop de place dans nos vies, ceux-ci doivent nous alerter quand il s’agit d’un public dont nous sommes responsables, et sur lequel nous devons veiller : celui des moins de 15 ans.
Il est de notre devoir de les protéger en premier lieu d’un réseau qui les cible tout particulièrement : TikTok. L’utilisation du réseau chinois repose sur des algorithmes très puissants, des vidéos courtes et incessantes (le fameux « scroll »), pouvant très vite inciter à une consommation addictive, et donc à risque. La commission d’enquête parlementaire dédiée à ce réseau a rendu ses conclusions, et le verdict est sans appel : TikTok exposerait les mineurs à des contenus parfois très violents et inadaptés à leur niveau de maturité, mettant en danger leur santé mentale et leur intégrité. Il en est de même, dans une moindre mesure, pour d’autres réseaux.
C’est la raison pour laquelle il est de notre devoir d’agir et de protéger ce jeune public. Le texte adopté cette semaine à l’Assemblée nationale, visant à interdire l’accès aux réseaux aux moins de 15 ans, propose de mettre les plateformes face à leurs responsabilités dès 2026.
Des dispositifs certainement difficiles à appliquer, mais qui ne devront leur réussite qu’à un travail collectif, et une volonté partagée par tous les acteurs publics, associatifs, économiques et bien évidemment familiaux. Protéger nos jeunes de ces algorithmes ciblés, c’est engager un travail essentiel sur leur santé mentale à un âge charnière, de questionnement, de transition et de construction. C’est les encourager, par exemple, à se tourner vers des activités propices à leur développement, qu’il s’agisse de sport, de culture…
Enfin, regardons ces mesures annoncées comme une occasion de nous questionner, nous adultes, sur notre relation aux écrans, et sur la possibilité de les utiliser de façon plus vertueuse et plus responsable.