Rétention administrative : un devoir de clarté

Dominique Vérien, Sénatrice de l’Yonne, Conseillère municipale de Saint-Sauveur-en-Puisaye et déléguée nationale UDI au pôle régalien

La rétention administrative ne peut être ni un slogan, ni un tabou et à ce titre, le débat actuellement porté au Sénat mérite mieux que les caricatures.

Oui, la rétention administrative doit rester strictement encadrée. Oui, elle doit être utilisée avec discernement. Mais il serait irresponsable d’ignorer les difficultés très concrètes auxquelles l’État est confronté lorsqu’il s’agit d’exécuter certaines mesures d’éloignement concernant des individus condamnés pour des faits graves et représentant une menace réelle pour l’ordre public.

Le texte examiné au Sénat ne concerne pas l’ensemble des étrangers en situation irrégulière. Il vise des profils précis, déjà condamnés pour des crimes ou délits majeurs. Notre responsabilité est de nous donner les moyens d’éviter que ces personnes ne soient remises en liberté faute d’avoir pu finaliser, dans des délais trop courts, les démarches administratives et consulaires nécessaires à leur éloignement.

La réalité est connue : l’obtention des laissez-passer consulaires dépend largement de la coopération des pays d’origine. Ces procédures prennent du temps et beaucoup de nos voisins européens disposent d’ailleurs de délais de rétention supérieurs aux nôtres. Par exemple, l’Allemagne et la Belgique autorisent une retenue jusqu’à 18 mois, alors que nous ne sommes qu’à sept mois. Refuser toute évolution du cadre actuel reviendrait donc à maintenir une forme d’impuissance publique que nos concitoyens ne comprennent plus.

Pour autant, l’efficacité ne se décrète pas par l’allongement des délais seuls : la clé reste diplomatique. Nous avons vu ces derniers mois que l’escalade verbale et les postures publiques produisent rarement des résultats durables. La fermeté est nécessaire, mais elle doit s’accompagner d’un dialogue exigeant et respectueux avec les États concernés. En matière migratoire comme ailleurs, la coopération internationale demeure indispensable.

C’est cette ligne de responsabilité, d’efficacité et de mesure que je défends aujourd’hui au Sénat.