Le discours sur l’état de l’Union 2026 : quelles ambitions pour quelle Europe ?

Hervé Marseille, Président de l’UDI et Président du groupe Union centriste au Sénat 

Vendredi 18 septembre, le Président de la République a réuni les chefs de partis pour faire le point sur la situation internationale et ses conséquences pour notre pays. Les éléments présentés par nos services de renseignement et par la direction de l’Énergie sont sans ambiguïté. Les crises en cours vont durer, et elles nous touchent déjà directement.

En Ukraine, les fronts ne bougent plus. Les pertes russes sont considérables, près de 300 morts pour ne conquérir que la surface équivalente à un terrain de football. Pour autant, Vladimir Poutine ne reculera pas, car il ne peut se permettre de perdre la face. Dans le même temps, les frappes s’intensifient, en Ukraine comme en Russie, et visent de plus en plus en profondeur des sites stratégiques, notamment ceux qui assurent l’approvisionnement énergétique. En toute lucidité, ce conflit ne trouvera pas d’issue à court terme.

Quant au Moyen-Orient, la situation continue de s’aggraver. Le détroit d’Ormuz reste bloqué et aucune sortie de crise ne se dessine. La France n’a pas pris part à ce conflit, mais elle en subit les effets. La hausse des prix de l’énergie pèse sur les ménages, sur les entreprises, sur les filières les plus exposées. La crise sociale qui monte chez nous, comme partout en Europe, en est une conséquence directe.

Ce contexte appelle de la clarté sur l’état de nos finances publiques. Notre dette atteint déjà un niveau record cette année, et elle s’annonce plus élevée encore l’an prochain à 121% de notre PIB. Son coût est devenu le premier poste de dépenses de l’État, hors pensions. Il faut le rappeler sans détour. La dette n’est rien d’autre que la hausse d’impôts de demain. L’état exact de nos comptes reste à établir, et le projet de loi de finances nous le dira dans quelques semaines. Mais le budget 2027 sera, en tout état de cause, directement affecté par la situation internationale.

Dans ces conditions, la question des aides se pose avec force. Comment soutenir les Français les plus touchés quand les caisses de l’État sont vides ? Les aides ciblées annoncées constituent la seule réponse pertinente, en privilégiant celles et ceux qui en ont le plus besoin. Pour autant, si la réponse est très mesurée, il faudra ajuster davantage encore ces aides ciblées pour conjuguer responsabilité et solidarité, en direction notamment des agriculteurs, des soignants ou des transporteurs. Le Président de la République n’a pas exclu cette hypothèse et le débat reste ouvert. Dans les prochains jours, l’UDI insistera pour compléter ce panel d’aides.

Cette exigence de vérité vaut aussi pour la campagne présidentielle déjà engagée. Dans quelques mois, nous choisirons celui ou celle qui devra conduire le pays dans ce contexte. Les Françaises et Français méritent mieux que des idées simples et fausses. Promettre de tout bloquer et de tout compenser sans dire comment le financer, ce n’est pas protéger, c’est céder au populisme. Les candidats doivent au contraire dire la vérité sur l’état du monde, sur l’état de nos comptes et sur les efforts qui nous attendent.

Que chacun mesure la gravité du moment. Au Parlement, les députés comme les sénateurs UDI aborderont l’examen du budget avec un esprit de responsabilité. Protéger les Français, c’est les accompagner quand ils en ont besoin. C’est aussi leur dire la vérité sur notre situation.