Stratégie de résilience hydrique en période de canicule
Jean-Francis Richeux, Président du Syndicat des Eaux de Beaufort, Président d’Eau du Pays de Saint-Malo, Vice-Président en charge des transitions, de la prévention des risques et de la gestion de crise, Maire de Saint-Père-Marc-En-Poulet (35)
Face à l’urgence climatique imposant une rupture avec nos schémas de consommation, il est impératif de mettre en œuvre une politique publique conciliant satisfaction des besoins vitaux durant les canicules et préservation inconditionnelle des ressources. Le dérèglement climatique, réalité tangible, redéfinit notre quotidien et place nos collectivités devant une obligation d’adaptation structurelle.
Au Syndicat des Eaux de Beaufort, nous portons un projet politique volontariste dotant les acteurs et administrés des leviers nécessaires à cette nouvelle ère de résilience. La hausse de 25 % de la consommation lors de la dernière vague de chaleur illustre la tension sur nos réserves. Notre credo repose sur une pédagogie de la sobriété : « 40 litres, pour l’essentiel, et une responsabilité individuelle au-delà.»
Fort d’un rendement de réseau de 92 %, fruit d’une ingénierie publique systémique, le Syndicat engage une stratégie d’accompagnement des usagers et entreprises. Notre objectif est clair : réduire de 13 % nos consommations d’eau globales d’ici 2030. Pour concrétiser cette ambition, nous bâtissons un cadre réglementaire et culturel cohérent, transformant la simple prise de conscience écologique en évidence politique transversale. Cette démarche intègre les cadres normatifs, les outils d’action, les règlements d’usage, les plans de gestion de crise (ORSEC) et l’implication citoyenne.
Accompagner la population vers une consommation responsable signifie lui inculquer, par une action publique directe, des gestes alternatifs : bains de pieds, lavages d’avant-bras, micro-bains, tout en encourageant l’aménagement du cadre de vie. La refonte de nos stratégies politiques est la condition sine qua non de la transition. Elle exige l’adoption de mesures audacieuses et un dispositif d’accompagnement de terrain renforcé. Seul un écosystème d’actions cohérent et concerté garantira l’adhésion collective dans un contexte de tension croissante, faisant de la gestion de l’eau un pilier central de notre contrat social pour les décennies à venir.